Angela Dupraz

Chartes
CHARTES DU PRATICIEN ET DU FORMATEUR EN MAÏEUSTHÉSIE
© copyright Thierry TOURNEBISE
J’adhère aux trois chartes de praticienne et de formatrice en Maïeusthésie ci-dessous et je m’engage à les respecter dans le cadre de mon exercice professionnel.
CONNIVENCE, PERTINENCE, CONFIANCE
Émerveillement face à la Vie, alliance existentielle
Charte 1 : vis-à-vis de celles et ceux qui le consultent
1. Laisser le sujet libre de ses choix
1.1 À chaque moment le sujet doit rester en libre choix du praticien qu’il consulte. Il peut, si cela lui semble juste, consulter plusieurs praticiens, dans la même approche comme dans plusieurs approches différentes.
1.2 Le rendez-vous suivant une séance ne doit pas être systématique, sauf à la demande du sujet lui-même. Son choix doit être libre en permanence et sa liberté rester inaliénable.
1.3 Une séance ne constitue jamais un engagement pour des séances suivantes, quelque ait été le nombre de séances précédentes (une seule ou des dizaines)
1.4 Le praticien se doit de laisser en permanence cette liberté à celui qui vient le consulter, mais sans jamais lui donner le sentiment de « mettre une distance » ou de « l’abandonner ».
2. Respecter l’accomplissement en cours
2.1 Le praticien est toujours censé accompagner le processus d’accomplissement en cours chez le sujet, et non de produire une prétendue aide, venant l’entraver d’une quelconque manière dans la rencontre ou la réalisation de soi.
2.2 Le praticien ne considère jamais un refus comme une résistance, mais comme l’expression de quelque chose d’important à reconnaître, permettant d’affiner l’accompagnement du sujet vers lui-même.
2.3 Le praticien ne s’attache à aucune théorie dans laquelle devrait « entrer le sujet ». Il reste dans la souplesse afin de proposer un accompagnement adapté à la réalité de la personne aidée.
3. Être dans une neutralité chaleureuse et bienveillante
3.1 Le praticien est censé ne jamais porter aucun jugement de valeur, ni envers le sujet aidé, ni envers ses proches, quand bien même ceux-ci sont source de tourment.
3.2 Le praticien est censé ne jamais inciter à la moindre distance d’avec des proches, qu’il s’agisse de parents, d’enfants, de conjoints, quand bien même ceux-ci sont source de tourment. Même quand une distance physique de sécurité est nécessaire, du fait que ce proche a un comportement dangereux dont il doit répondre juridiquement, tout en respectant la loi, le praticien est sensé ne pas induire de la distance psychologique.
3.3 Le praticien est censé n’inciter ni au reproche, ni à la haine, ni au pardon, mais il se doit d’accompagner le sujet vers ce qui se manifeste en lui, vers ce qui lui permet de se constituer, de s’affirmer et de se trouver dans un apaisement susceptible de ne causer aucun tort à qui que ce soit. S’il est évident qu’il ne peut y avoir d’apaisement tant qu’il y a de la haine, l’éradication maladroite et prématurée de celle-ci peut constituer une violence néfaste pour le sujet.
Charte 2 : vis-à-vis des autres praticiens
1. À propos de sa compétence
Le praticien a aussi une responsabilité de l’image de la profession vis-à-vis de ses confrères.
1.1 Un praticien proposant de l’aide en Maïeusthésie a reçu une formation lui permettant d’exercer avec les compétences requises. Il a suivi des cours, reçu des séances de thérapie personnelle. Il suit aussi une supervision soutenue au début de son activité de praticien (séances qui peuvent ensuite être plus espacées au fur et à mesure de son expérience).
1.2 Le praticien, pour s’occuper correctement des sujets qu’il accompagne, est sensé aussi s’occuper de lui-même, concernant son cheminement personnel. Il n’est pas concevable d’aider autrui sans prendre soin de son propre équilibre.
1.3 Il ne s’agit cependant pas là pour le praticien d’aboutir à une sorte de perfection personnelle, mais simplement d’être en cheminement. Un praticien qui se considérerait comme « ayant tout vu » et « devenu parfait » serait en fait dangereux.
2. Attitude vis-à-vis des confrères
2.1 Le praticien est prêt à collaborer avec tout autre praticien de toute autre méthode thérapeutique dans le projet d’une aide psychologique de qualité envers le sujet venu le consulter.
2.2 Le praticien reste ouvert aux autres approches exercées par ses confrères, même s’il reste circonspect envers les approches dont les principes viennent en opposition avec ceux de la Maïeusthésie.
2.3 Le praticien est censé ne jamais se positionner comme étant celui qui peut apporter une aide exclusive qui entraverait la possibilité à celui qui le consulte de se faire aider par d’autres confrères, qu’il s’agisse de praticiens en Maïeusthésie ou dans toute autre approche.
2.4 Le praticien reste dans un esprit de recherche permettant d’intégrer d’autres approches et d’enrichir le champ de la Maïeusthésie et partagera le fruit de ses avancées avec ses confrères.
3. Attitude vis-à-vis de la confidentialité
3.1 Le praticien à un devoir de confidentialité sur le contenu des propos de ceux qui viennent le consulter. Rien de ce qui lui a été confié ne peut être rapporté à qui que ce soit, sauf de façon anonyme, sans qu’on puisse rapprocher cela d’une personne en particulier. Cette confidentialité concerne le fait de ne rien rapporter « de façon non anonyme », à des étrangers, à des membres de la famille, à un conjoint, ou même à un confrère.
3.2 Nous trouverons une exception à la confidentialité quand il y a accord, de la part de celui qui consulte, pour que son propos soit rapporté nommément, par exemple pour transmettre des informations à un autre praticien qu’il doit consulter.
3.3 Une autre exception se fera en cas de danger majeur, dans des situations juridiques où la loi ne permet pas la confidentialité, tant par respect de la loi, que par éthique.
3.4 Les fichiers clientèle, et surtout les dossiers, doivent être sécurisés d’une façon suffisante.
Charte 3 : formateur de praticiens en Maïeusthésie
ALLIANCE, RÉSONANCES, DÉPLOIEMENT
Humilité du formateur continuellement apprenant
Une charte pour les formateurs est apparue nécessaire afin de faciliter l’harmonisation les propositions des uns par rapport aux autres, de donner à chacun une place équitable concernant les cabinets sur le marché de la formation qui offrent une prestation en Maïeusthésie.
Il est souhaitable que les niveaux I, II, III, IV, IVpro, SP puissent éventuellement se réaliser chacun avec différents cabinets, en ayant l’assurance d’avoir eu un programme suffisamment équivalent. Il doit rester possible de ne pas suivre tous les niveaux avec le même cabinet.
S’il n’y a pas de certification des formateurs, ceux-ci ont néanmoins exercé en tant que praticiens certifiés, ont suivi une formation de formateur en Maïeusthésie, ont été « simple assistants » dans différentes sessions avec un formateur expérimenté. La validation s’est faite après une première réalisation.
1. Dénomination du cabinet de formation
De nombreuses dénominations sont apparues ces dernières années. Il serait souhaitable de s’autoréguler pour respecter les points ci-dessous.
Une dénomination du cabinet sera choisie de telle façon qu’elle respecte les confrères et leur place sur le marché de la formation. Volontairement ou involontairement, celle-ci ne laissera en aucun cas penser qu’un cabinet prend le pas sur les autres ou serait une meilleure référence que ses confrères.
Usage du mot Maïeusthésie® :
Pour le nom du cabinet comme pour le nom du site internet, le mot Maïeusthésie® ne peut être utilisé en laissant penser que ce site est « la référence » au détriment des autres. La seule référence initiale sur ce thème est le site de Thierry TOURNEBISE, « maïeusthesie.com » et
« maieusthesie.fr ».
Pour le nom du cabinet comme pour celui du site, l’utilisation du mot Maïeusthésie® est bien sûr permise à condition d’être accompagnée du nom du formateur ou du praticien : Exemple : « Cabinet de Formation en Maïeusthésie Pierre DURAND », « Ecole de Maïeusthésie Marie DUPOND », « Cabinet de consultation en Maïeusthésie Claire DUPONT ». Les dénominations « cabinet de formation », « école », « cabinet de consultation » semblent un usage adéquat.
Le nom « école » est réservé uniquement aux cabinets qui offrent tous les niveaux et la certification. Toute autre dénomination doit être réfléchie, négociée, ajustée. Bien sûr elle reste totalement libre si elle ne comporte pas le mot Maïeusthésie®.
2. Formation et expérience du formateur
Un formateur qui forme des psychopraticiens en Maïeusthésie doit bien évidemment être aussi « praticien en Maïeusthésie certifié » (donc avoir suivi le cursus complet, avoir passé la certification) et exercer en cabinet depuis au moins un an, voire deux. Il n’est pas correct d’animer des formations sans avoir une expérience suffisante de praticien en Maïeusthésie.
Le formateur a aussi suivi la « Formation de formateur ». Il a également été présent en tant
qu’« assistant formateur » auprès d’un autre formateur en niv I, II ou IV (analogues), et III, si possible sur ces trois niveaux. Les « écoles » ou « cabinets » qui délivrent tous les niveaux accueillent des « assistants formateurs ».
Sa connaissance théorique intégrée lui permet de naviguer avec aisance au cœur des concepts, en pleine interactivité avec les participants à chacune de leurs interrogations. Une connaissance purement technique, livresque, de type (péjorativement) « scolaire », est tout à fait insuffisante et serait enfermante.
3. Les références utilisées
Les références utilisées (bibliographie) comprennent les ouvrages ou le site de Thierry Tournebise, mais aussi de nombreuses autres références et auteurs dans d’autres approches. L’enseignement de la Maïeusthésie doit être située dans ses liens et ses nuances par rapport aux autres approches, qui par ailleurs doivent toujours être respectées, voire honorées.
4. Capacité de psychopraticien
Le formateur doit être en mesure de proposer un accompagnement individuel spontané, soit devant le groupe (si c’est pertinent dans le cadre de la formation) soit à part du groupe (pour raison du contenu confidentiel de l’entretien), à une pause ou en fin de journée (dans des limites raisonnables). Sans prétendre mettre en œuvre à ce moment une psychothérapie, l’accompagnement doit y être suffisant et aller au-delà d’une simple écoute.
La formation n’est en aucun cas une thérapie de groupe, mais le formateur doit être à l’aise pour faire face aux imprévus, aux besoins émergeants de chacun, aux diverses situations qui se présentent, en interaction.
Chaque situation émergeante chez un stagiaire est aussi une opportunité didactique (dans la mesure du respect de la confidentialité) pour les autres participants. Cependant, la situation existentielle de chacun est toujours plus importante que la visée pédagogique, même si la finalité de la formation consiste en l’acquisition de connaissances et surtout de compétences.
5. Etapes possibles avec différents formateurs
Il est souhaitable de tendre vers le fait qu’il soit possible pour un stagiaire de suivre chaque étape avec un cabinet ou un formateur différent. Les contenus seront suffisamment en cohérence pour rendre cela possible, et les formateurs seront toujours en respect du travail de leurs collègues d’autres cabinets. Cela permet ainsi au stagiaire de bénéficier de la formation avec différentes sensibilités.
En situation extrême, nous tendrons même vers le fait qu’il soit possible de suivre chaque niveau avec un cabinet différent. Si l’on y perd en continuité, l’on y gagne en diversité des sensibilités. Cela suppose une évolution de la formation, une maturité des formateurs qui se déploiera avec le temps.
Quand le cabinet propose des certifications de psychopraticiens en Maïeusthésie, il est souhaitable que celles-ci se déroulent avec un jury constitué si possible de deux formateurs (formateurs, car il s’agit d’une évaluation formative). Mais cela est néanmoins possible avec un seul membre de jury. Il peut être utile que l’un des membres du jury, ou l’unique certificateur, ait rencontré le postulant au cours d’une session au moins, même s’il serait souhaitable de tendre vers la possibilité de certifier des postulants que l’on n’a jamais rencontré auparavant.
6. Praticien-formateur-chercheur
Un formateur est aussi psychopraticien en Maïeusthésie, mais il est aussi chercheur, toujours en quête d’ajustements, de précisions nouvelles, de découvertes subtiles.
Il est en équipe avec ses stagiaires, il étudie en même temps qu’il enseigne, il permet aux participants de se sentir contributeurs de ces avancées que l’on fait en commun.
Le formateur a suffisamment d’assurance dans ce qu’il propose, tout en restant ouvert à toute nouveauté. Trop assuré il risque de fermer le sujet. Trop ouvert il risque de se perdre dans des nuances superflues. Il y a ici un équilibre essentiel, qui cependant ne peut être formalisé avec plus de précision et reste à l’appréciation de chacun. Il doit en ressortir un esprit de curiosité, d’ouverture, de libre recherche… mais autour d’une structure bien assise.
Une supervision est proposée aux formateurs pour accompagner leur créativité et la qualité de leurs mises en œuvre.
7. Sans être encore formateur
Avant d’animer des formations il est toutefois possible, si on en a l’élan, d’animer des ateliers, des conférences, des partages de différente nature sur la Maïeusthésie. Il se trouve qu’enseigner est une excellente opportunité pour apprendre soi-même. Cela permet à celui qui partage de sans cesse approfondir sa connaissance, tout en en faisant bénéficier autrui.
C’est une pratique recommandée pour ceux qui se sentent de le faire, qui conduit progressivement vers une capacité de formateur, mais ne remplace en aucun cas ce qui est énoncé au point n°2.
Il appartiendra à chaque intervenant d’être en respect suffisant des fondamentaux, afin de ne pas dénaturer le thème abordé.
Thérapeute :
à l’origine, mot venant du grec « thérapeutês », signifiant « serviteur qui prend soin du sacré »
site www.maieusthesie.com de Thierry TOURNEBISE psychothérapeute