#27 EGO ET AFFIRMATION DE SOI, INTEGRITE SANS BEQUILLES
- Angela Dupraz

- 23 août
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 27 août
On remarquera que l’amputation ou l’invalidation d’une partie de son histoire crée des difficultés psychologiques, de la même manière que des amputations ou invalidations d’une partie du corps créent des difficultés physiques.
Dans les deux cas, la stabilité des bases est fragilisée et doit être compensée par des appareillages ou prothèses. Sur le plan psychique, les béquilles et fauteuils roulants sont l’ego et la personnalité.
Plus les parties manquantes sont importantes, plus il faudra d’ego et de personnalité pour les compenser. On aurait tort de croire qu’on est plus soi-même quand on a plus d’ego ou plus de personnalité. Leur importance signe plutôt un manque d’affirmation de soi.
(...) Tout le travail d’un thérapeute consiste à accompagner vers la réhabilitation de toutes ces parties de moi manquantes. Il aide à naître, il aide à rassembler ce qui manque, il aide à l’accueillir tout en respectant toutes les résistances. Il est comme un médiateur entre celui qu’on est et ceux qu’on a été.
Son but est d’accompagner vers une intégrité qui rend les béquilles inutiles. Il ne prend jamais le risque de détruire ces béquilles tant qu’elles sont nécessaires car elles constituent alors une étape pertinente. Il ne les dénigre pas non plus quand elles cessent d’être nécessaires, car il est fondamental de toujours avoir de la reconnaissance pour ce qui nous a aidé.

Le tort serait de se mettre à rejeter ce qu’on a été sous prétexte qu’aujourd’hui on s’est amélioré. Ce serait guérir une amputation pour la remplacer par une autre ! C’est un piège subtil dans lequel il est facile de tomber. Par exemple, quelqu’un qui aurait été dépendant à l’alcool aura tendance, s’il parvient à devenir abstinent, à ne plus considérer que comme mauvais souvenir le temps où il buvait.
Il a bu autrefois pour résoudre un problème d’» amputation » antérieure. Quand il s’est réapproprié la partie manquante, il ne boit plus parce que l’alcool a cessé d’être nécessaire (et non parce qu’il l’a vaincu). Mais s’il se met à rejeter ce qu’il était quand il buvait (par exemple : autrefois j’étais faible et stupide), il induit une nouvelle amputation de tout un pan de sa vie… et la rechute risque de se produire, involontairement, comme seul moyen de retrouver celui qu’il a voulu oublier. Or, il ne sera en paix qu’entier.
Le psychothérapeute doit accompagner celui qui lui demande de l’aide vers la naissance multiple de lui-même, sans brandir le spectre des « démons pur leurre », en offrant son écoute et un guidage délicat et précis vers la localisation des parties manquantes. Il aide ensuite à en accomplir l’accueil et la réhabilitation. Au-delà de la consultation par elle-même, dont le résultat doit être significatif, celui qui demande de l’aide reçoit en même temps du thérapeute une nouvelle façon de prendre soin de soi. Cela lui permettra ultérieurement une réflexion féconde sur ce qui lui adviendra en d’autres circonstances.
Thierry Tournebise, L’écoute thérapeutique, cœur et raison en psychothérapie, Ed. ESF Sciences Humaines, 2018
« Le symptôme, c'est de l'amour qui s'époumone et cherche à remonter à la surface, c'est de la santé en gestation. » Dr. Sophie Mainguy-Besnier
Je vous propose des consultations individuelles ou en couple en présence au Cabinet Aliotis à Genève ou en distanciel.
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Bien chaleureusement, Angela Dupraz
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Genève, le 23.08.2025


