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Angela Dupraz

#70 LES DOUZE FONDAMENTAUX EN MAÏEUSTHESIE, PARTIE 1, LES FONDAMENTAUX 1 A 6

  • Photo du rédacteur: Angela Dupraz
    Angela Dupraz
  • 20 janv.
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 21 janv.


 La Maïeusthésie est une approche humaniste, une psychologie du Soi. En communication elle privilégie les interlocuteurs par rapport aux informations. En thérapie elle accompagne les pertinences à l’œuvre concernant les remédiations et les déploiements. Son champ s’étend du biographique au transpersonnel. Les points 1 à 6 développés ci-dessous permettent à cette approche de garder, de façon naturelle, une base et un cap précis tout en préservant la liberté et la créativité des praticiens. La Maïeusthésie peut ainsi rester évolutive, offrir de la liberté, permettre de la créativité, et une mise en œuvre conjointe avec d’autres approches (intégrativité), sans risque d’être dénaturée.

 

1.      LA PERTINENCE DES SYMPTÔMES

·       Ils pointent vers des remédiations ou des déploiements

Nous distinguerons les manifestations de type « mémoire » (pour des raisons de survie) et les manifestations de type « mémorial » (pour des raisons de complétude existentielle). Les premières gardent une trace des faits, les secondes préservent une trace des Êtres ayant vécu ces faits. La mémoire permet d’identifier notre passé. Suite à un événement émotionnellement fort, elle peut parfois produire des émergences réactionnelles très vives. Une situation présente, similaire à une situation émotionnelle antérieure, peut alors être source de réactions de survie de type « chat échaudé craint l’eau froide ». En Maïeusthésie, l’aspect « mémorial » (recherche spontanée de complétude existentielle) est le principal guide pour le praticien. Ce « mémorial » est le symptôme. Il pointe vers l’Être qui a vécu le fait et en a eu un éprouvé spécifique. La reconnaissance de cet Être et la validation de son éprouvé dans sa nature et sa dimension seront source immédiate d’apaisement. En même temps que l’aspect « mémorial » aura permis cette remédiation, l’aspect « mémoire » se trouvera spontanément reparamétré, réorganisé, dédramatisé, sans que rien n’en soit nié ou effacé.

·       Honorer le porteur de symptôme Une fois la thérapie accomplie, il reste à ne pas négliger le « porteur de symptômes », c’est-à-dire celui qu’a été le patient et qui a éprouvé ce signal pendant une longue période de sa vie, parfois toute sa vie durant. Celui qui a porté ce symptôme a permis de garder un chemin vers la zone inestimable de la psyché où une reconnaissance et une validation sont attendues afin de restaurer une intégrité (remédiation) ou un déploiement (devenir qui l’on a à être).

 

2.      ÉTENDUE DE LA PSYCHE : DU BIOGRAPHIQUE AU TRANSPERSONNEL

·       Du biographique au transpersonnel

La psyché est constituée de celui que nous sommes, de tous ceux que l’on a été (biographique) et de tous ceux dont on est issu (inter et trans générationnel). Mais ils s’y trouvent aussi des éléments qui se situent au-delà de ces trois zones. Il s’agit d’Êtres qui n’appartiennent pas à la lignée, de pans entiers de l’humanité, dans le passé, dans le futur, hors temporalité, et même des éléments qui pourraient paraître « surnaturels ». Cette zone entièrement hors de la « mémoire » consciente est plus d’ordre « mémorial ». On la qualifie de « transpersonnelle ».

 

3.      DES ÊTRES A PART ENTIERE

·       Les éléments Dans ces différentes zones de la psyché se trouvent des éléments : 1/ Celui qu’on a été ; 2/ Celui qu’a été l’un de nos ascendants ; 3/ Un ou des Êtres de l’humanité ; 4/ Le corps à un moment de l’existence, etc…L’on parle souvent de « parts de Soi ». Or cette terminologie manque singulièrement de grâce. Une « part » c’est un « morceau », et ces Êtres de Soi ne sont pas respectés en étant traités de « morceaux ». Chacun d’entre eux n’est pas une part (un morceau), mais des Êtres à part entière. Par exemple l’enfant qu’on était n’est pas un « morceau de Soi » mais un Être à part entière, et c’est vrai pour tout élément de la psyché.

·       L’entièreté de chaque élément On peut tout au plus parler d’« à part de Soi », quand ces Êtres de Soi sont clivés pour raison de survie, mais pas de « parts de Soi ». Non seulement ce sont des Êtres à part entière, mais en plus ils contiennent aussi chacun potentiellement l’entièreté de Soi.

 

4.      ACUITE ET PRIORITES, NON SAVOIR, GUIDAGE NON DIRECTIF

Dans le lieu d’un drame, les Êtres qui l’ont vécu attendent d’être clairement différenciés de celui-ci, et de susciter de la réjouissance, un bonheur d’être rencontrés, et d’être validés dans leur éprouvé. Le praticien différencie clairement entre les Êtres (l’existentiel), les ressentis (l’émotionnel) et les faits (le factuel, l’événementiel). Le praticien priorise les Êtres (reconnaissance, considération). Les éprouvés sont en second plan (validations). Les circonstances (éventuelles estimations), restent en arrière-plan sans être négligées (parfois estimées, en vue de repères sociaux, selon qu’elles sont source de bonheur ou de peine). Le praticien est en non savoir quant aux faits et aux ressentis. Il permet aux patients de les révéler grâce au guidage non directif. Cela donnera toujours l’ordre suivant :

1/Existentiel (qui attend reconnaissance et considération) ; 2/Emotionnel (qui doit être validé dans sa nature et sa dimension) ; 3/Evénementiel (qui parfois nécessite une estimation, c’est à dire une évaluation sociale en fonction de la joie ou de la peine dont il stimule l’émergence).

·       Le non-savoir source de compétences

Le praticien est en non-savoir quant aux événements et aux éprouvés (événementiel et émotionnel) du patient. Seul le patient détient les éléments à ce sujet et le praticien accepte son ignorance, tant que le patient ne l’en a pas informé par du verbal ou par du non verbal.

Plus encore, le patient est lui-même souvent ignorant quant à ce que celui qu’il était a éprouvé lors d’une situation antérieure. La mémoire reconstruit ce vécu ( alors « remasterisé ») et ce qu’elle en donne est souvent différent de ce qui a été éprouvé, jusqu’à parfois son contraire. Souvent, la mémoire a soit dramatisé, soit banalisé la réalité, et la seule source fiable reste celui qu’était le patient au moment de la circonstance. C’est pourquoi le praticien sait inviter le patient à demander en direct à celui qu’il était ce qu’il a éprouvé (c’est une source de première main).

Certes cette source n’est pas objectivable, mais elle se révèle bien plus efficiente en thérapie que ce que fournit la mémoire (qui d’ailleurs n’est pas objectivable non plus).

·       Non-savoir et connaissance Nous ajouterons le paradoxe que d’un côté il y a le non savoir incontournable concernant les faits et les ressentis, mais qu’en même temps le praticien a une connaissance des archétypes existentiels qui sont des structures dynamiques invariantes.

5.      ÊTRE TOUCHE SANS ÊTRE AFFECTE

Non seulement le tact psychique est essentiel, mais aussi le praticien se doit de « se sentir touché » par la présence existentielle de son patient. S’il a son attention sur l’Être qu’est son patient, il est naturellement touché par la présence de celui-ci. Si au contraire il a priorisé l’événementiel ou l’émotionnel, il risque d’être spontanément affecté par la nature dramatique des faits et des ressentis. Le fait d’être touché sans être affecté ne dépend pas d’une capacité particulière mais seulement du fait que l’attention se porte sur l’Être (inestimable) plutôt que sur les faits (estimables - leur valeur peut être estimée) ou sur les émotions (simplement à valider).

 

6.      REJOUISSANCE ET CONFIANCE

·       Le praticien en est par avance émerveillé parce qu’en contact avec la Vie qui se rejoint à travers les symptômes du patient, il perçoit les enjeux archétypaux à l’œuvre, les pertinences en accomplissement, l’émergence d’un essentiel. En partenariat avec la Vie, il est sensible à celle-ci, en résonance avec sa trajectoire d’accomplissement, en termes de remédiations et de déploiements. Les Êtres de Soi qui appellent la conscience du patient à travers les symptômes sont source naturelle d’émerveillement, de réjouissance. Cela participe aussi à la validation existentielle et le patient va volontiers en lui vers ce qui provoque réjouissance chez le praticien.

·       Carl Rogers nous a fait bénéficier de la notion de « confiance inconditionnelle ». Cette confiance concerne la justesse à l’œuvre chez le patient. D’un côté le patient, de façon inaliénable reste inestimable sur le plan existentiel, de l’autre ce qu’il fait ou ce qu’il ressent, font toujours sens de façon évidente ou de façon discrète. Quand ce sens n’apparaît pas au praticien, il le demande à son patient, en lui accordant qu’il y en a un. Cependant, il ne va jamais forcer dans cette direction, car des affirmations péremptoires du genre « ce n’est pas pour rien », « il y a forcément une raison », « c’est que cela doit signifier quelque chose », « il s’y trouve un enseignement », sont des violences inacceptables de la part d’un praticien et constituent des nuisances.

Même un patient qui mentirait ou dissimulerait, aurait une juste raison de le faire. Cette confiance lui permet ainsi d’accéder plus facilement à ce qui appelle sa conscience en lui.

La moindre défiance de la part du praticien est source de blocages ou de réticences chez le patient. Comme le disaient Jung ou Rogers, les résistances des patients ne viennent pas des patients eux-mêmes, mais sont engendrées par la mauvaise pratique du thérapeute.


THIERRY TOURNEBISE


 « Il est intéressant de constater que l'information qui émerge ne vient pas de la mémoire consciente, mais du sujet rencontré lui-même. Et cela peut être différent de ce que la mémoire savait, ou pensait savoir. D'où l'importance d'aller chercher l'information à la source et non dans sa propre pensée. » Thierry Tournebise, Au coeur de la psychothérapie, Ed. esf, 2018

 Photo, Pierre Turlur

Psychopraticienne en Maïeusthésie, psychothérapie intégrative, et praticienne en Médecine Chinoise & Vietnamienne, je vous accueille au Cabinet Aliotis à Genève ou en visioconférence. J'interviens également dans les hôpitaux, les unités d'urgence, de soins intensifs et palliatifs, maisons de retraite et établissements médicaux spécialisés. Je collabore étroitement avec des médecins et des psychiatres en thérapie déléguée en Suisse.

 

Je peux, à la demande, organiser des présentations interactives de la Maïeusthésie près de chez vous si vous avez un lieu d'accueil (min. 6 personnes).

 

 Bien chaleureusement, Angela Dupraz

 

Genève, le 20.01.2026 Mobile :  +41 79 126 57 73 - Mail : angela.dupraz@bluewin.ch  - www.angeladupraz.com

 

 

 
 
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