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Angela Dupraz

#71 LES DOUZE FONDAMENTAUX EN MAÏEUSTHESIE, PARTIE 2, LES FONDAMENTAUX 7 A 12

  • Photo du rédacteur: Angela Dupraz
    Angela Dupraz
  • 20 janv.
  • 8 min de lecture

Dernière mise à jour : 21 janv.


 La Maïeusthésie est une approche humaniste, une psychologie du Soi. En communication elle privilégie les interlocuteurs par rapport aux informations. En thérapie elle accompagne les pertinences à l’œuvre concernant les remédiations et les déploiements. Son champ s’étend du biographique au transpersonnel. Les points 7 à 12 développés ci-dessous permettent à cette approche de garder, de façon naturelle, une base et un cap précis tout en préservant la liberté et la créativité des praticiens. La Maïeusthésie peut ainsi rester évolutive, offrir de la liberté, permettre de la créativité, et une mise en œuvre conjointe avec d’autres approches (intégrativité), sans risque d’être dénaturée.

 

7. EXPERIENTIEL, NON-PENSABLE, VIE

·       L’expérientiel

Le sensoriel permet de contacter la réalité et d’en rendre compte grâce à l’intellect et à la pensée qui en fait des images, des représentations mentales. L’expérientiel, lui, permet de contacter le Réel, mais il est plus délicat d’en rendre compte, car le vocabulaire disponible n’est pas construit pour cela.

Souvent l’expérientiel reste plus ou moins indicible (parfois non pensable). Nous en avons des exemples particulièrement explicites dans les expériences de mort imminente : le sujet dit quelques fois qu’il est l’espace et non qu’il s’y déplace, qu’il n’y a pas de temps, que tout est en même temps. Si nous considérons aussi les états psychotiques d’un autre endroit que du côté pathologique, il s’y trouve aussi une expérience hors du commun où le sujet, libre des limites, a le sentiment d’être toute l’humanité, et il ne sait pas comment en rendre compte avec des mots. Nous avons encore les cas de « conscience non locale », où le sujet perçoit à distance ce qui est inaccessible par les sens. Là aussi nous avons des expériences où le vocabulaire atteint sa limite.

Mais il y a également des situations de vie bien plus ordinaires (intuitions, concernement avec autrui, avec le nature) où nous sommes en peine d’énoncer ce qui est éprouvé.

N’oublions pas non plus les situations de psychothérapie : contact avec celui que nous étions dans une sorte de « communication présente » avec lui. On pourrait parler ici d’état modifié de conscience, où une sensibilité accrue permet de contacter le Réel (existentiel) qui se retrouve en premier plan par rapport à la réalité (sensorielle). Cette dernière n’est jamais occultée mais laisse le champ libre.

Rappelons-nous qu’il y a le Réel (accessible par l’expérientiel), la réalité (accessible par le sensoriel), les vérités (qui se démontrent et se défont au gré des raisonnements et des recherches).

 

·       Le non pensable

Au-delà de l’indicible, nous trouvons le non-pensable. Le fait qu’il n’y ait pas de mots pour dire simplement ce qui est éprouvé est une chose, mais il se peut aussi que la pensée ne sache elle-même pas en rendre compte. L’expérientiel ainsi peut être indicible, mais aussi non-pensable. La pensée ou les mots ne peuvent qu’en élaborer une approximation, une esquisse, souvent en utilisant une métaphore.

 

·       La Vie

Trop souvent l’on confond la Vie et l’énergie. La Vie n’est pas une énergie subtile, elle est d’un autre ordre. L’énergie est liée au « faire » (ergo = travail), la Vie est liée à l’« être »  (vita = entièreté d’une existence). La vie se tient au niveau du Réel, l’énergie elle, se tient au niveau de la réalité. Pierre Teilhard de Chardin a parfaitement nuancé ce fait en proposant que nous avons : la « géosphère » où se trouve l’énergie physique, la « biosphère » où se trouve l’énergie vitale (grouillement cellulaire sur la planète) et la « noosphère » où se trouve la conscience.

 

8. CONNIVENCE AVEC L’ÊTRE EMERGENT

·       L’Être émergeant

Les symptômes pointent vers ce qui, en nous, appelle la conscience en vue de remédiation ou de déploiement. Ce qui appelle est le plus souvent un Être de Soi qui a été clivé pour raison de survie. Le symptôme ne signale pas alors un dysfonctionnement mais un élan pertinent vers une complétude.Cet Être émergeant bénéficie de l’attention du praticien, qui lui accorde sa reconnaissance, avant même qu’il ne soit identifié par guidage non directif. Le praticien est d’avance touché par cette dimension existentielle qui se manifeste à travers le symptôme.

·       La connivence

Le praticien est en proximité avec le patient, touché par l’Être qu’il est, et totalement en alliance avec lui durant toute la démarche thérapeutique. Cependant, il est encore plus en proximité et en alliance avec cet Être de Soi qui, chez le patient, appelle la conscience à travers le symptôme. Une sorte de « lieu sacré » de la psyché qui attend d’être rencontré tout en délicatesse (subtilité), mais sans précautions (ni protocoles, ni ritualisations). Cet endroit de la psyché est à rencontrer tout naturellement, comme un ami qu’on a le plaisir de retrouver. Le praticien est en connivence avec cet Être émergeant bien plus qu’avec le patient (qui voulait s’en débarrasser), mais il va accomplir la remédiation tout en respectant absolument toutes les hésitations du patient, qui indiquent le meilleur chemin pour y parvenir. Le praticien est en équipe avec cet Être émergeant, avec le patient, mais aussi avec la Vie qui œuvre avec pertinence. La thérapie s’accomplit donc avec une équipe de quatre !

 

9. RESISTANCES ECLAIRANTES

·       La réjouissance du praticien face à une résistance

Quand le patient ne valide pas une proposition du praticien, celui-ci est en profonde réjouissance face à cet ajustement qui s’offre pour ne pas emprunter un mauvais chemin. Quand un patient refuse quelque chose émanant du praticien, c’est toujours pour donner une précision nécessaire. Quand bien même cette résistance concerne des choses évoquées par le patient lui-même, la question chez le praticien est toujours « en quoi est-il juste pour le patient de ne pas valider cela ? ». Le praticien est à ce sujet en confiance inconditionnelle.

 

·       Le patient ne résiste pas : il éclaire

Même quand le patient a identifié ce qui appelle sa conscience, il se peut qu’un obstacle l’empêche de le rejoindre. Un mur, un blocage, un fossé, un gouffre, un refus, un rejet, une peur… tout ce qui se présente entre le patient et ce qu’il est censé retrouver n’est en fait pas un obstacle, mais un indicateur de la meilleure façon de procéder indiquant qui écouter plus attentivement, quelle démarche suivre, dans quel ordre. Bien souvent en mettant son attention sur l’obstacle et sa nature, se dessine un chemin plus pertinent pour aboutir à la remédiation. Il importe pour le praticien de toujours se demander (et donc de demander à son patient) si c’est le patient qui, pour une raison lui appartenant, ne souhaite pas cette remédiation, si c’est l’Être émergeant qui ne le souhaite pas, ou si c’est un tiers qui ne souhaite pas qu’ils se retrouvent.

 

10. RACINES ET PROCHES RESPECTES

·       Inter et trans générationnel

Quand les symptômes du patient résultent d’un vécu des parents et grands-parents on parle d’« intergénérationnel ». Quand les symptômes résultent d’un vécu éprouvé par des aïeux lointains, on utilise le terme « transgénérationnel ». Il arrive que pour accéder à ces zones, l’on utilise ce que l’on nomme un psycho génogramme (arbre généalogique avec le vécu des ascendants, les prénoms, événements rencontrés par les ancêtres). L’inconvénient est alors le risque d’intellectualiser la démarche. L’accès se fera avec plus de justesse en partant du ressenti éprouvé dans le symptôme du patient, en le décrivant, puis en suivant le cheminement vers ceux qui l’ont éprouvé (le patient lui-même à d’autres époques de sa vie ou des ascendants au cours de la leur). Le patient peut identifier ainsi des zones dont il savait l’existence, mais dont il ignorait l’importance, et même parfois dont il ignorait l’existence.

·       Quand un ascendant est source du trauma

Dans le vécu des ascendants, il arrive qu’un parent ou un grand parent, ou un membre de la famille, soit source d’actes indélicats, douloureux, parfois violents, parfois même judiciairement répréhensibles. Que la loi fasse son travail est une chose, que ces Êtres soient méprisés en est une autre, surtout si le patient ou l’un de ses parents en est issu : être issu d’une personne monstrualisée, ça ne fonctionne pas, car l’enfant d’un monstre serait un monstre lui-même. La démarche doit d’une part prendre en compte le vécu éprouvé par celui qu’il qui en a souffert, mais aussi d’autre part prendre en compte ce qui a motivé les actes des auteurs indélicats. Sans pour autant « excuser » ou « pardonner » les actes, il conviendra de distinguer « ce qu’ils ont fait » de « qui ils sont » et de « ce qui les a conduits à cela ». L’on peut ainsi avoir un jugement sur l’acte (clarification des valeurs humaines et sociales) tout en gardant une considération indéfectible concernant l’Être. L’acte est une chose (estimable, évaluable), l’Être est quelqu’un (inestimable, hors du champ des valeurs).

·       La dimension systémique

Dans un couple, dans une famille, dans un groupe, il y a la dimension propre à chacun, mais aussi une dimension systémique où tout est plus ou moins en interaction avec tous. Par interactions systémiques l’on entend que les symptômes de l’un peuvent être là pour éclairer l’autre. Le symptôme éprouvé par quelqu’un n’est pas forcément à sa propre destination, mais peut être à celle d’une autre personne qui est ainsi invitée à accomplir en elle une remédiation ou un déploiement. C’est assez courant dans le couple ou dans une famille, mais c’est aussi présent dans le monde social, pour ne pas dire dans les Mondes. Dans ce cas on pourrait parler « d’hypersystémie ».

 

11. UCHROTOPIE DES PHENOMENES, ARCHETYPES EXISTENTIELS

·       Une présence continue, uchrotopie (le Réel)

Dans le « Réel », zone expérientielle, il s’agirait plus d’une sorte de panorama sans images, atemporel. Le détail événementiel et le temps n’y sont plus essentiels. L’Être que nous avons été et qui a éprouvé ce qu’il a éprouvé n’a jamais cessé d’être présent en nous. Il s’y trouve soit de façon intégrée à la psyché, soit de façon clivée si l’éprouvé est trop douloureux, s’il n’y est pas intégrable spontanément. Dans toutes les époques ultérieures, la présence de chacun de ceux que nous avons été sera constante soit en « présence ressource » (intégrée), soit comme « manquante » (clivée).

En Maïeusthésie nous ne faisons pas un voyage dans le temps, mais un pas vers ces Êtres de Soi clivés, qui n’ont jamais cessé d’être là depuis tout ce temps.

Ainsi la psyché ne répond pas aux habituels critères d’espace et de temps. Elle n’est ni topique (elle est utopique – sans espace) ni chronique (elle est uchronique – sans temps), mais bien réelle : on peut dire qu’elle est uchrotopique.

 

·       Les archétypes existentiels

La notion d’archétypes existentiels nous permet d’identifier des structures invariantes au sein de la psyché. Celles-ci nous servent de repères clarificateurs au sein d’une inextricable complexité, qu’il s’agisse de biographique, de transgénérationnel ou de transpersonnel, qu’il s’agisse de mémoire classique ou d’inconscient, ou de l’un-conscient ou d’in-formation. Sans la compréhension de ces invariants, il est quasi impossible de s’y retrouver et l’on ne fait qu’errer au fil des événements plus ou moins mémorisés. Si, au lieu d’une rencontre au cœur de la psyché le patient ne fait que raconter les drames qu’il a rencontrés, il ne fait que réactiver de vieilles douleurs sans permettre la moindre intégration, voire en générant de nouvelles recrudescences, de nouvelles blessures, … et de nouveaux clivages.

 

 12. LIBERTE INALIENABLE

 

Le praticien met un soin tout particulier à ce que le patient reste libre à tout instant de dire ses propos ou de les taire, de reprendre ou non un rendez-vous, et de ne jamais être invalidé dans les démarches antérieures qu’il a suivies, ou dans ses projets. Il fait en sorte que le patient se sente à la fois libre et accompagné. Toute invalidation de ce qui a été juste pour lui à un moment donné (dans d’autres démarches), ou qui le sera ultérieurement (élan de tenter d’autres approches), est éthiquement inacceptable.

 

THIERRY TOURNEBISE


 « Rien de plus émouvant qu’un homme qui se présente à vous, humblement, comme le rescapé de son propre naufrage et dont le dépouillement auquel la vie l'a condamné semble avoir été la condition même de la joie. » Charles Juliet

 Photo, Kevin Nhumah

 

Psychopraticienne en Maïeusthésie, psychothérapie intégrative, et praticienne en Médecine Chinoise & Vietnamienne, je vous accueille au Cabinet Aliotis à Genève ou en visioconférence. J'interviens également dans les hôpitaux, les unités d'urgence, de soins intensifs et palliatifs, maisons de retraite et établissements médicaux spécialisés. Je collabore étroitement avec des médecins et des psychiatres en thérapie déléguée en Suisse.

 

Je peux, à la demande, organiser des présentations interactives de la Maïeusthésie près de chez vous si vous avez un lieu d'accueil (min. 6 personnes).

 

 

Bien chaleureusement, Angela Dupraz

 

Genève, le 20.01.2026

 

Mobile :  +41 79 126 57 73 - Mail : angela.dupraz@bluewin.ch  - www.angeladupraz.com

 

 

 
 
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