top of page

Angela Dupraz

#28 QUAND LA « NAISSANCE DE SOI » PRIME SUR LA « GUERISON DE SOI. »

  • Photo du rédacteur: Angela Dupraz
    Angela Dupraz
  • 28 août
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 août


 L'art de réparer les relations : une aptitude essentielle, tel est le titre qui retient mon attention ce matin au réveil. Cette publication tombe à pic, je traverse des moments éprouvants actuellement.

« S’il y a une chose fondamentale à apprendre dans ce monde, c’est l’art de réparer les relations.

Que ce soit en amour, en amitié, en famille ou au travail, nos liens façonnent notre existence.

Pourtant, ils sont inévitablement mis à l’épreuve : malentendus, blessures, conflits d’ego ou erreurs commises sous le coup de l’émotion.

Ce qui distingue une relation éphémère d’un lien profond et durable, c’est la capacité à réparer plutôt qu’à fuir.

Trop souvent, face aux tensions, nous choisissons la facilité : l’évitement, la rancune ou la rupture.

Pourtant, chaque conflit est une opportunité d’apprendre. Apprendre à réparer, c’est apprendre à écouter sans chercher à avoir raison, à exprimer sa vérité sans accuser, à reconnaître ses torts sans s’écraser.

C’est aussi cultiver la patience et l’empathie, car une relation ne se reconstruit pas en un jour.

Savoir réparer, c’est aussi comprendre que l’autre est imparfait, tout comme nous.

Accepter que l’amour et l’amitié ne sont pas des idéaux sans faille, mais des engagements vivants qui demandent soin et attention.

C’est refuser la culture du jetable qui nous pousse à remplacer plutôt qu’à restaurer.

Dans un monde de plus en plus individualiste, où la communication se digitalise et les liens se fragilisent, savoir réparer une relation est un acte de résistance et d’amour.

C’est choisir la profondeur plutôt que la superficialité, la connexion plutôt que l’isolement.

Au final, c’est se donner une chance d’aimer et d’être aimé, non pas malgré nos imperfections, mais grâce à elles.

Parce que c’est dans la réparation que naissent les liens les plus solides.

Les liens les plus forts ne sont pas ceux qui n’ont jamais été brisés, mais ceux qui ont été réparés avec patience, compréhension et amour. »

 

Francine Baraban, Praticienne en psychothérapie et psychosomatique, Thérapeute du couple et Gestalt-thérapeute


 

(…), cette publication profondément touchante m’a permis de rebondir sur le mot « réparer » qui n’est pas utilisé en Maïeusthésie, j'en fait part à Francine.


Aider, réparer, servir

(...) ainsi, au fond, aider, réparer et servir sont des manières de voir la vie. Lorsqu’on aide, on voit la vie comme faible (l’aide se fonde sur l’inégalité) ; lorsqu’on répare, on voit la vie comme brisée (réparer est une façon de juger, qui nous sépare les uns des autres et crée de la distance) ; et lorsqu’on se met au service, on voit la vie comme un tout.


Thérapeute : à l’origine, mot venant du grec « therapeutês » signifiant « serviteur qui prend soin ».


-        Francine me pose la question : « quel serait le mot féminin pour serviteur ? »

Bonne question (je souris). Thérapeute = serviteur. Ni masculin, ni féminin ? Je soumets cette question à Thierry Tournebise, le fondateur de la Maïeusthésie...

-        Thierry Tournebise : « Serveuse... Ça ne le fait pas... serviteuse non plus ! Ce sont des Êtres au service du sacré ! (hors genre). Quant au fait de ne pas utiliser le mot "réparer"... Il s'agit plus d'accompagner une justesse en cours que de réparer un dysfonctionnement. »


ree

Alors parlons de la spécificité de la Maïeusthésie

Puisqu’il ne s’agit pas d’entretiens de type thérapeutiques mais d’entretiens de type maïeutiques, le mot « Maïeusthésie » permet d’en définir la nature qui consiste à permettre à un sujet de « mettre au monde » ce qui, en lui, appelle son attention à travers son symptôme. Un entretien s’y déroule en trois étapes majeures : 

1/ le guidage non directif qui permet d’accéder à la zone de la psyché qui appelle la conscience du sujet à travers son symptôme,

2/ le moment de réhabilitation proprement dit,

3/ l’évaluation finale qui vérifie l’état de chaque élément identifié, du sujet lui-même et de son symptôme initial.

 Le symptôme disparaît alors, non parce que le sujet est « guéri », mais parce qu’il n’en a plus besoin, en ce sens où il jouait un rôle de médiateur entre sa conscience actuelle et ce qui, en lui, avait besoin d’être réhabilité. Le mieux-être y est rapide et généralement définitif. Ni anesthésie, ni déplacement. Nous y constatons au contraire un accès direct, permettant un accroissement de la conscience et de l’individuation dont le symptôme manifestait un travail en cours, en attente de réalisation.


La Maïeusthésie est aussi une approche de communication caractérisée par le fait qu’on y distingue d’une part les interlocuteurs (des êtres) et d’autre part les informations (des objets). Les êtres s’y trouvant toujours priorisés par rapport aux informations, la circulation de celles-ci s’en trouve grandement facilitée. Quand l’interlocuteur est priorisé on y parle de communication (communicants= ouverts au « quelqu’un »), quand l’information est priorisée, on y parle de relation (relatifs, reliés par le « quelque chose » informationnel). Or le « quelqu’un » permet toujours de préciser le détail du « quelque chose », c’est pourquoi il y a avantage à le prioriser.

Les validations y jouent un rôle majeur : valider la réception (disposer de l’information), valider la compréhension (accéder au sens), valider l’accueil (accorder la justesse du point de vue de l’autre [sans pour  autant renoncer à son propre point de vue]), valider la gratitude (aucune information n’est due), valider la justesse cognitive (reconnaître la pertinence du fondement cognitif de son interlocuteur [cela le rend plus réceptif]), valider la dimension existentielle (être touché par la présence de l’autre [tout en distinguant clairement « être affecté » et « être touché »]) car on ne peut être entendu que par quelqu’un qui « existe ».


 Savoir utiliser les questions ouvertes ou fermées, à choix multiple, ou les reformulations avec discernement, en priorisant souvent le commencement par des reformulations ou des questions fermées, qui font moins intervenir l’intellect du patient et rendent le ressenti plus directement accessible.

La question fermée a souvent été dénoncée comme indésirable. Elle l’est en effet en mode relationnel (où elle risque d’induire). C’est tout le contraire en mode communicant où elle est un outil majeur (elle permet d’ouvrir la conscience du sujet vers lui-même en lui épargnant des constructions intellectuelles inutiles).

Le tout se réalise sans aucun jugement de valeur, ni envers le sujet, ni envers ses proches, ni envers ceux dont il se plaint, en pleine assertivité, avec congruence, confiance, considération, cherchant toujours à révéler la justesse et jamais à démontrer une erreur ou une faute de qui que ce soit. L’intuition de Carl Rogers avec la considération inconditionnelle est à ce sujet exemplaire, mais on peut l’étendre à tous les êtres concernés qui sont évoqués au cours d’une thérapie. Il importe de savoir reconnaître la gravité des faits (même pour lesquels si nécessaire la justice fait son travail), toutefois sans mépris pour leurs éventuels auteurs. Les faits doivent clairement être situés socialement (et même évalués) afin de préciser des repères sociaux, alors que les Êtres sont par définition inestimables et ne sont pas censés être altérés, surtout s’il s’agit d’ascendants. Par exemple un enfant maltraité ne pourra supporter qu’on minimise ce qu’il subit, pas plus qu’il ne pourra supporter qu’on discrédite son parent. Cela demande chez le praticien une dextérité où il sait reconnaître la gravité des faits, de ce qui est éprouvé, mais tout en gardant une considération inconditionnelle pour les Êtres concernés, sans pour autant entraver la colère du patient quand il éprouve le besoin d’en avoir, sans spécialement l’encourager non plus à en avoir. Un travail de reconnaissance, sans rancune ni pardon, où chacun est reconnu avec ce qu’il éprouve, avec ses raisons, sa trajectoire, sa construction intime, ses solutions de survie.

Avec cette reconnaissance des individus, du sens et de la justesse, le travail clinique peut se réaliser avec des résultats signifiants dans des situations très variées, depuis un simple stress, jusqu’à une situation de deuil majeure, un trouble obsessionnel, une phobie sociale, un trouble alimentaire, un stress post traumatique… etc.


La Maïeusthésie permet un accompagnement libérant le sujet souffrant de symptômes, sans pour autant considérer qu’il s’agit de thérapie, de guérison, ou de pathologie. C’est un soin à part entière. L’apaisement qui en résulte n’a rien de superficiel. La problématique n’y est pas « déplacée », le symptôme a cessé d’être nécessaire du fait que l’on a accompli ce à quoi il servait.

Naturellement la dimension pathologique possible ne doit pas être ignorée par les praticiens en psychologie de la pertinence (certains « accouchements » peuvent être pathologiques). C’est pourquoi toutes les approches sont complémentaires. Mais il ne faut pas non plus que les approches qui ont une expertise en pathologie ignorent cet aspect de la pertinence, du fait des résultats cliniques qu’on y observe. Souhaitant sincèrement œuvrer pour le mieux-être du patient, les praticiens donneront leur place autant à la psychologie de la pathologie, qu’à celle de la santé, qu’à celle de la pertinence, chacun exerçant au mieux dans sa zone d’expertise.

 La psychologie de la pertinence nous donne un cadre où la notion de pathologie n’est pas la cible. De ce fait, l’outil utilisé pour apaiser la souffrance psychologique n’a pas ici à se nommer « thérapie ». Le terme « thérapie » indique un projet de guérison et correspond plutôt à l’approche de la psychologie classique (investie dans les pathologies).

Le mot « thérapie » ne convient donc pas vraiment. Il s’agit d’un processus plus  « maïeutique » que thérapeutique en ce sens où la « naissance de Soi » prime sur la « guérison de Soi ».


 Extrait de la publication : « Psychologie de la pertinence, un soin hors de la psychothérapie », mai 2015


 « Je me suis appuyée à la beauté du monde Et j’ai tenu l’odeur des saisons dans mes mains. » Anna de Noailles, L'offrande à la nature

 

Je vous propose des consultations individuelles ou en couple en présence au Cabinet Aliotis à Genève ou en distanciel.

Je peux, à la demande, organiser des présentations interactives de la Maïeusthésie près de chez vous si vous avez un lieu d'accueil (min. 8 personnes).

Bien chaleureusement, Angela Dupraz

Mobile :  +41 79 126 57 73 - Mail : angela.dupraz@bluewin.ch  - www.angeladupraz.com 

 

Genève, le 28.08.2025

 

 

 

 

 
 
bottom of page