#31 ART DE LA NAISSANCE DE SOI
- Angela Dupraz

- 6 sept. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 9 sept. 2025
La psychothérapie est un chemin empli de délicatesse, de simplicité, de respect. On y trouve de la considération, de la douceur, de la reconnaissance. C’est un espace de vie sans ambiguïté où règnent la confiance et l’assurance de qu’il y a de meilleur. C’est un espace privilégié où il est possible d’accomplir la naissance de soi-même en toute sécurité. Quand ce n’est pas le cas, c’est peut-être simplement qu’il ne s’agit pas de psychothérapie !
Présent, prénatal, trangénérationnel
J’aime cette idée de parler de naissance de soi, non pas à cause de Socrate, mais parce que c’est vraiment de naissance qu’il s’agit. De par l’expérience que j’ai acquise auprès de tous les gens que j’ai aidés en tant que psychothérapeute ainsi que par le travail que j’ai pu faire sur moi-même, j’ai toujours constaté qu’il s’agissait de naissance.
Cette naissance de soi concerne toutes sortes de circonstances de notre vie depuis notre conception jusqu’à aujourd’hui… nous devons même y considérer notre histoire familiale connue et inconnue et bien d’autres choses. Chaque part de nous, que nous avons mise entre parenthèses suite à des moments de douleur, attend son droit de naître et de prendre sa place dans notre vie.
La tendance naturelle conduit à éloigner de son souvenir les moments pénibles pour assurer la survie immédiate après une situation de traumatisme. Ceci est aussi judicieux que de mettre un prématuré en couveuse en attendant que sa maturité permette de le faire sortir sans risque. On place ainsi en « gestation artificielle » la part de nous qui ne peut assimiler l’évènement traumatisant en attendant la maturité qui en permettra la naissance définitive.
Mais comme c’est malheureusement le cas dans certaines maternités, le service de néonatalogie s’occupant des prématurés est trop éloigné. Il ne permet pas à la mère de voir tout de suite son enfant ni à cet enfant de rencontrer tout de suite sa mère.
Des parts de soi en attente
De même, quand on a ainsi mis de côté une part de soi en souffrance, cette part de soi est souvent éloignée de notre conscience. Les deux unités sont parfois même très éloignées l’une de l’autre. Elles sont même parfois si éloignées qu’elles traversent les générations !
Comprenons bien que c’est une naissance de soi au sens élargi : naissance de celui que nous sommes, de tous ceux que nous avons été depuis que nous existons… et de tout ceux dont nous sommes issus.
Nous vivons donc ainsi provisoirement amputés de cette part de nous un peu comme la nouvelle mère vit provisoirement amputée de la présence de son enfant qui vient de naître quand celui-ci, prématuré, part dans une unité de néonatalogie éloignée.
A la différence de cette jeune mère qui, elle, ne cesse de penser à son enfant, nous perdons conscience de notre « progéniture » immature. Ceci est bien compréhensible car le moment traumatisant n’est généralement pas associé à un évènement heureux !
Mais, encore une fois, très judicieusement, pour pallier cette amnésie, nous nous dotons des outils nécessaires pour retrouver le chemin en temps voulu. Ce seront toutes les réactivations ultérieures qui jalonneront notre vie pour nous rappeler qu’une part de nous-mêmes nous attend dans un bout d’histoire.
Thierry Tournebise, L’Ecoute thérapeutique, cœur et raison en psychothérapie, Ed. ESF Sciences Humaines, 2018

« La compassion commence par un seul geste, celui de se pencher, de regarder, d’écouter autrui. Elle est discrète et attentive, ne fait pas d’éclat, mais offre toute la chaleur dont un individu est capable. Elle est d’abord un élan qui porte vers l’autre, le fameux prochain, quel qu’il soit, à la façon dont on pratiquait l’hospitalité dans l’Antiquité grecque : on accueillait l’étranger sans même lui demander son nom, ni les raisons de son passage. C’est l’élan premier, la voix du cœur, qui fait spontanément tendre la main à une personne âgée, qui relève quelqu’un qui vient de tomber. Au fond, un seul geste compte et c’est celui qui coûte le plus : prendre l’autre dans ses bras, le serrer sur son cœur. Cela suffit, souvent, à apaiser de grandes douleurs, cela dépasse toutes les thérapies savantes et bavardes. Mais peu de nous savent offrir cette élémentaire chaleur d’humanité. » Jacqueline Kelen, Divine blessure, faut-il guérir de tout ?, Ed. Albin Michel, 2005
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Genève, le 05.09.2025


