#46 ADDICTIONS
- Angela Dupraz

- 23 nov.
- 4 min de lecture
Dans la plupart des parcours de dépendance, l’addiction n’est pas le problème premier : elle est la conséquence.
Ce que l’on observe en cabinet, c’est qu’elle représente souvent une tentative d’apaisement face à une souffrance accumulée depuis longtemps.
Cette souffrance trouve fréquemment son origine dans l’enfance. Lorsque l’enfant n’a pas bénéficié d’un espace d’écoute sécurisant, lorsque ses émotions ont été minimisées, ignorées ou jugées, il apprend à s’adapter en mettant de côté ce qu’il ressent. Il développe alors des stratégies de survie silencieuses : se faire petit, ne pas déranger, ne pas montrer sa vulnérabilité, s’éloigner de ses propres besoins. Ce « gel émotionnel » crée une faille intérieure qui persiste à l’âge adulte.
La personne cherche alors instinctivement quelque chose qui pourrait calmer, combler ou atténuer ce vide. L’addiction devient une solution improvisée : un moyen de tenir, de réguler, de supporter ce qui n’a jamais pu être exprimé.
Derrière chaque conduite addictive, il y a donc une histoire. Celle d’un « enfant intérieur » resté en attente de reconnaissance, de sécurité et de soutien. L’accompagnement thérapeutique permet de remettre du sens, de redonner une voix à cet « enfant », et d’offrir enfin à l’adulte des ressources stables pour se reconstruire sans passer par la dépendance.
L’addiction n’est pas un échec : c’est un symptôme/signal. Un appel au soin, à l’écoute et à la réhabilitation.
Les différents types d’addictions :
· Alcool
· Tabac
· Drogues douces et dures
· Médicaments
· Jeux vidéo, écrans, réseaux sociaux
· Dépendances sexuelles
· Travail excessif
· Nourriture
· Jeux de hasard, etc.

« Grise, mon ami, est toute théorie, mais vert est l'arbre d'or de la vie. » Johann Wolfgang von Goethe, Faust, 1808 / photo © Luka Khabelashvili
Selon Thierry Tournebise, le fait de l’addiction ne vient pas de la substance ou de l’action, mais du fait d’en dépendre.
Ceci touche particulièrement les sujets à tendance « borderline » (en déficit de monde intérieur), mais dans tous les cas à titre de compensation d’un manque existentiel, du manque d’une part de soi passée (qu’il ne peut intégrer) ou à venir (qu’il n’ose pas devenir).
Quand un sujet est en addiction, son problème n’est pas l’addiction en elle-même (aussi dommageable soit-elle, comme par exemple dans la drogue ou l’alcool), mais le manque ontique qui rend cette dépendance nécessaire pour le compenser ou le supporter. C’est sur ce point que doit porter la thérapie (rôle de la psychothérapie).
Cela n’empêche pas de s’occuper en même temps des dépendances biologiques ou corporelles qui se sont ajoutées au fur et à mesure de la consommation, et qui peuvent nécessiter en même temps une désintoxication physique du corps (rôle de la médecine).
Avec la « psychologie de la pertinence » ou même « psychologie de la pertinence et de la reconnaissance », le symptôme n’y existe pas « à cause d’un trauma », mais « spécialement pour accéder à un Être » qui, ayant éprouvé le trauma a été mis de côté dans la psyché afin de la préserver d’une charge excessive. Il ne reflète pas une maladie, mais une tentative de retour à la santé, à la complétude de Soi. Avec cette mise à l’écart naturelle, le patient d’un côté est préservé, de l’autre il se retrouve clivé en « celui qu’il est » et « celui qu’il était ». Les processus naturels qui se mettent en œuvre chez le patient tendent à lui faire retrouver son intégrité, sa complétude psychique. Ils sont hélas interprétés comme des dysfonctionnements alors qu’ils sont une tentative d’accomplissement de son individuation.
Les manifestations, interprétées ailleurs comme des psychopathologies, s’y retrouveront souvent comme des moyens accompagnant cet élan vers la santé psychique. Entrent dans ce champ les troubles phobiques, alimentaires, émotionnels divers, du comportement, obsessionnels, addictifs, pulsionnels, sociaux, etc… Même la situation psychotique peut y être abordée, y compris la situation autistique.
La plus grande source de nos souffrances, c’est ce qui, en nous n’a pas été rencontré, ni considéré dans la juste mesure de ses ressentis… c’est cette coupure avec les parts de soi en souffrance ! Comme un oubli de soi-même !
Thierry Tournebise, extrait de la publication : « Addiction et bonheur », mars 2015
« Les recherches ont permis d’identifier trois éléments universels qui provoquent le stress : l’incertitude, le manque d’information et la perte de contrôle. Ces trois éléments sont présents dans la vie des gens atteints de maladies chroniques. De nombreuses personnes croyant avoir le contrôle de leur vie s’aperçoivent plus tard que des forces inconnues d’elles ont influencé leurs décisions et leurs comportements pendant de très nombreuses années, moi le premier. Dans de nombreux cas, c’est la maladie qui détruit cette illusion de contrôle. » Dr. Gabor Maté, Quand le corps dit non, Ed. de l’Homme, 2003
Oser demander du soutien, c’est commencer à briser le cycle (…).
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Bien chaleureusement, Angela Dupraz
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Genève, le 19.11.2025


