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Angela Dupraz

#49 DU LIEN (ATTACHEMENT) VERS L'AMOUR (CHARIS) · UN PHENOMENE ARCHETYPAL

  • Photo du rédacteur: Angela Dupraz
    Angela Dupraz
  • 30 nov. 2025
  • 5 min de lecture

Un archétype est un « type archaïque », c’est-à-dire une « structure archaïque de base » sur laquelle de multiples variantes se manifestent. C’est ce qui semble se passer dans ce cheminement du lien vers l’amour.

Qu’il s’agisse de la mère avec son enfant (qui commencent avec les statuts maman/enfant), du couple qui se rencontre (amoureusement aveuglé avec un incroyable sens du « casting »), de l’endeuillé.e en souffrance, (qui cherche l’assurance de ne pas oublier) ou des divers symptômes psychologiques (liens avec les zones clivées de la psyché qu’on n’a pas encore su intégrer), nous constatons « à chaque fois ce phénomène de lien pour ne pas perdre ce qu’on ne sait pas encore rencontrer en amour ».

Ce phénomène est d’autant plus archétypal qu’un tel cheminement vers plus d’amour semble pleinement inhérent à l’Être Humain ! L’historien et journaliste Rutger Bregman a consacré six années de recherche méticuleuse pour rédiger son ouvrage « Humanité – Une histoire optimiste – Et si nous étions plutôt bons ».

Il confirme entre autres, les recherches de Darwin (La filiation de l’Homme) et de Kropotkine (L’entraide), démontrant déjà de façon extrêmement documentée que la survie résulte avant tout d’une adaptation en termes de coopération, bien plus que de concurrence... Rutger Bregman met en lumière combien l’Être humain est naturellement pétri de cette générosité spontanée. Il détaille les sombres manipulations de données expérimentales qui ont conduit à une triste et dommageable croyance en l’inverse.

Qu’il s’agisse de préhistoire ou d’histoire, d’éducation des enfants ou d’enseignement, de soins de santé ou d’économie (non pyramidale, d’autogouvernance), de périodes de guerres, de prison sécurisée et de réinsertion efficace, de situations de crise… nombreux sont les exemples où Rutger Bregman confirme à quel point coopération, délicatesse, soutien de l’Être humain, se sont exprimés en de multiples circonstances. Cela est arrivé, non de façon exceptionnelle, mais très fréquemment et majoritairement, dans d’innombrables endroits de la planète, à toutes les époques.

Pour ne citer que les premiers mots de son ouvrage se référant à Anton Tchekhov :

« L’Être humain deviendra meilleur lorsque vous lui aurez montré qui il est. » (Rutger Bregman, Humanité – Une histoire optimiste – Et si nous étions plutôt bons » - Ed. du Seuil, 2020, p.9)

Une pertinence à l’œuvre semble gérer à notre insu nos problèmes de cécité existentielle, de sécurité, d’intégrité, de complétude, d’individuation. Être en alliance avec ces processus permet à un praticien en psychothérapie de réaliser un accompagnement plus efficient et plus rapide.


 Bruno Walpoth -wood sculptor


·       L’attachement temporaire

Tout se passe comme si une finalité d’amour (Charis) attendait d’être rejointe, et qu’en attendant la rencontre, des liens permettaient de ne pas perdre ce qu’on ne sait pas encore considérer. Ces attachements se manifestent tant par des liens « fascination » où l’on idéalise (ce n’est que du rêve), que par des liens « répulsion » où l’on diabolise (dans lesquels on parle beaucoup de ce qu’on n’aime pas, témoignant ainsi que, finalement, on est attaché !)

Être attaché est une garantie de ne pas perdre ce qu’on ne sait pas encore voir. Comme une sorte d’accomplissement global en cours, qui tend à favoriser de multiples connexions… comme si « la Vie attendait de savoir rencontrer la Vie ».

Nous ne sommes certainement pas autorisés à totalement généraliser ce phénomène, mais dans les rapports humains, il est quasiment toujours d’actualité et la recherche reste ouverte pour les situations où ce n’est pas le cas.

 

·       L’aboutissement en amour

L’amour intéressé (Eros) est encore un lien (obtenir un profit), l’amour désintéressé (Agapè) est encore un lien (exister par le don). L’amour attentionné (Charis) est différent, il est libre des liens. Les deux pôles s’y déploient sans rien prendre à l’autre, et sans l’envahir. Ce co-déploiement semble résulter d’une attention réciproque où la Vie attendait simplement d’être vue par la Vie. Il en résulte une connexion où la conscience ne risque plus de perdre, ni des bouts de Soi, ni des bouts du Monde.

Penser à un tel aboutissement est peut-être aussi une forme d’idéalisation ! Mais ce principe est très utile en attendant que de perspicaces chercheurs nous en disent plus.

En attendant, nous constatons que « être touché par qui est l’autre » est source de bonheur pour Lui, en même temps que ça l’est pour Soi. La Vie se déploie aux deux pôles simultanément, sans que rien ne soit soustrait nulle part. L’attachement cesse alors d’être nécessaire (la rencontre ne risque plus de ne pas s’accomplir). Il en résulte de la liberté dans une sorte de « chez-nous d’humanité », si familier alors que pourtant nous ne savons rien à son sujet.

 

·       Astuces et diversité des liens

Les liens peuvent prendre différentes formes au-delà de ce que j’ai évoqué dans ce texte. Si nous ne savons pas rencontrer la Vie en l’autre, nous pouvons nous y relier par différents moyens : sport, religion, politique, jeu, divers centres d’intérêt commun.

Des personnes qui ont la même croyance se retrouvent attachés entre eux par cette croyance (religieuse, idéologique, politique… etc.). De même des personnes athées qui ne croient en rien se retrouvent autour de leur « croyance en rien » (qui est aussi une croyance). Pareillement autour d’un but, d’une quête, d’une recherche scientifique...

Appartenir au même club de sport, de photo, de peinture, de danse, de musique… etc., fait qu’autour d’un même centre d’intérêt on va se côtoyer en dépit de nos différences, et faire ainsi un apprentissage de la Vie… en attendant d’être capable de plus d’humanité et de ne plus avoir besoin de ces artifices pour être naturellement touché par qui est l’Autre. Dans chacune de ces situations, le lien conduit progressivement à une rencontre vers plus de considération (réaliser qu’on est « ensemble des étoiles en constellation » [étymologie de « considération »])… il nous conduit vers plus de paix, plus de profondeur et plus d’humanité.

 

Pareillement avec soi-même : chercher des buts et des motivations permet d’avoir une vie acceptable (plus ou moins supportable) en dépit de ce qu’on ne sait pas encore rencontrer de Soi en Soi… jusqu’au jour où de salutaires symptômes nous invitent à cette rencontre vers plus de complétude (ré-union) et vers plus d’individuation (déploiement) !

 

Thierry Tournebise, extrait de la publication : « Amour et attachement ou... de l'attachement vers l'amour », décembre 2025


« Il est une vérité simple mais puissante : dès l’instant où l’on s’engage pleinement, quelque chose se met en mouvement. La décision ferme déclenche une suite d’événements que l’on n’aurait pu prévoir : des rencontres, des aides, des circonstances favorables apparaissent, comme si l’univers répondait à l’élan donné. Quoi que vous puissiez faire, quoi que vous rêviez de faire, entreprenez-le. L’audace donne du génie, de la puissance, de la magie. Commencez maintenant ! » (Inspiré de William H. Murray, souvent attribué à tort à Goethe)

 

 

Je vous propose des consultations individuelles au Cabinet Aliotis à Genève ou en distanciel.  Je me déplace à domicile pour les personnes à mobilité réduite, dans les établissements médicaux spécialisés et les maisons de retraite. Je peux, à la demande, organiser des présentations interactives de la Maïeusthésie près de chez vous si vous avez un lieu d'accueil (min. 6 personnes).

 

Bien chaleureusement, Angela Dupraz

 

Mobile :  +41 79 126 57 73 - Mail : angela.dupraz@bluewin.ch  - www.angeladupraz.com

 

 Genève, le 30.11.2025

 

 
 
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