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Angela Dupraz

#50 PSY ET FORMATEURS, POSTURE D’HUMILITE HORS DE TOUT POUVOIR

  • Photo du rédacteur: Angela Dupraz
    Angela Dupraz
  • 3 déc. 2025
  • 5 min de lecture

Être psy ou être formateur n’exige pas que du savoir, ni que de la compétence, mais aussi une qualité d’humanité, d’ouverture, de compréhension, de délicatesse… hors de toute posture de pouvoir.

Le « pouvoir » peut leur donner la sensation d’être puissant concernant le mieux-être d’autrui, d’être autorisé à affirmer une vérité et à la défendre contre les contradicteurs. Cela peut même conduire à juger ceux qui n’y adhèrent pas. En fait, tenter de détenir un pouvoir (même avec la meilleure des intentions), est le signe d’une faiblesse personnelle contre laquelle on lutte en essayant de se hisser au-dessus des autres.

En pédagogie comme en psychothérapie, ce serait une grave dérive ! Alors psy’s et formateurs tendront à gagner en assurance personnelle afin d’être libre d’entendre toutes sortes de points de vue avec autant de souplesse et de générosité que possible. Ils restent ainsi libres des dogmes, de la rigidité théorique, ils peuvent se laisser enseigner aussi par ceux qu’ils accompagnent ou qu’ils forment. Tout psy ou formateur qui ne serait pas dans cette posture aurait à faire un chemin personnel afin de déployer plus de justesse et d’apporter un soutien ou enseignement efficient, sans risques de nuisances.

 

LE CONFORT DE L'HUMILITE

  • Economie d’énergie

Le psy ou le formateur qui œuvre hors de toute posture de pouvoir consomme peu d’énergie, et on peut même dire qu’il se ressource dans le bain existentiel qui en résulte. En fin de séance ou de stage, il n’éprouve aucun épuisement. Juste une fatigue normale, peu éprouvante, inhérente à toute activité.

Il est très intéressant pour un psy ou un formateur de remarquer la qualité de son niveau d’énergie (au sens « absence de fatigue »). Quand l’énergie décline anormalement, c’est qu’elle est investie pour ou contre quelque chose. Elle indique qu’une posture de pouvoir a été adoptée. Les journées sont alors éprouvantes.

Tout au contraire, celui qui n’œuvre ni pour, ni contre quoi que ce soit, mais se laisse guider par les émergences de Vie, se trouve ressourcé, dispose de plus d’énergie et gagne en efficience dans ses soins ou dans son enseignement.

Pour la psychothérapie, il accompagne simplement les justesses en cours. Pour la formation, au-delà des apports, il accompagne la révélation de choses dont le stagiaire avait déjà plus ou moins en lui des éléments ou des intuitions, qui finalement enrichissent les apports, même pour le formateur.

 

  • Apprentissage permanent

Ainsi, comme le disait le pédiatre et psychanalyste Donald Wood Winnicott pour ses patients, le formateur sera enseigné par ses stagiaires. Il leur doit bien des nuances ou des innovations auxquelles, sans eux, il n’aurait pas pensé.

 

Il y a l’idée d’œuvrer avec une curiosité toujours en éveil. Il est alors en résonance avec ce que propose l’historien Theodore Zeldin :

 

« […] encourager un échange mutuel entre des individus qui occupent différents fragments de la réalité et possèdent des sensibilités différentes. » (Theodore Zeldin, Les plaisirs cachés de la vie, Ed. Fayard, 2014, p.66).

« Je juxtapose des hommes et des idées appartenant à des siècles différents et provenant d’autres origines pour trouver des réponses nouvelles à des questions qui déconcertent les habitants actuels de la terre. » (Zeldin, 2014, p.160).

Sans se sentir en danger face aux différences d’idées, toujours en appui sur des socles archétypaux (communs à tous), sans craindre les changements de paradigmes (propres aux théories) :

« Pour être compris, il faut être capable d’exposer des idées qui éclairent les préoccupations d’autrui et entrent en résonance avec les pensées de ceux dont on ne partage pas les positions » (Zeldin, 2014, p.118).


Avec pour ligne directrice d’œuvrer vers des nouveautés au service du plus grand nombre :


« Faire sortir de l’ombre ce qui est inconnu de tous – non seulement de moi (comme je l’ai vu précédemment), et ceci, de plus, aux fins d’être mis à la disposition de tous, d’enrichir un ‘‘patrimoine’’ commun. En d’autres termes, c’est le désir de contribuer à l’agrandissement, à l’enrichissement de cette ‘‘chose’’, ou ‘‘patrimoine’’, qui dépasse ma personne. […] besoin profond, indépendant, de tout conditionnement, qui atteste du lien profond entre la vie d’une personne et celle de l’espèce entière, un lien qui fait partie du sens de notre existence individuelle. » (Alexandre Grothendieck, Récoltes et semailles, tome 1, Ed. Gallimard, 2021, p.558-559).

 

  • Atmosphère d’humanité préservée

Nous trouvons alors la douceur d’un sentiment d’humanité, de respect de Soi, d’autrui, des penseurs d’autrefois et d’aujourd’hui, avec l’élan de toujours chercher la cohérence, même dans les divergences. Sans oublier la précieuse permission d’avoir des idées nouvelles.

Celui qui étudie doit se sentir comme un membre d’une communauté de chercheurs où personne ne le met en danger, où chacun contribue à sa manière à quelque chose de plus vaste qui dépasse chacun d’entre nous.

Et celui qui est en thérapie doit se sentir comme faisant partie d’une humanité en quête d’une justesse à laquelle il participe grâce à sa séance.

 

Thierry Tournebise, extrait de la publication : « Psy et formateur, posture d’humilité hors de tout pouvoir », janvier 2025



« Vous êtes juste comme un arbre. Vous pouvez penser qu'un arbre ne fait rien du tout, mais lorsque vous touchez un arbre ou vous asseyez au pied d'un arbre, vous pouvez sentir l'énergie de l'arbre vous imprégner. L'arbre a une énergie. Il est simplement là, il est lui-même, et cela est très rafraîchissant, nourrissant et guérissant. Parfois, la souffrance de quelqu'un d'autre peut éveiller en vous des sentiments d'impuissance. Il peut sembler qu'il n'y ait rien que vous puissiez faire pour la soulager. Mais, en réalité, si vous pouvez générer et maintenir une énergie de calme et embrasser votre propre sentiment d'impuissance - en étant présent à votre respiration, le corps détendu, vous prenez soin de l'énergie de votre arbre. Offrir une présence de grande qualité à quelqu'un qui souffre peut être déjà d'un grand soutien pour l'autre personne et participer de sa guérison. Quand vous aimez quelqu’un, vous voulez lui offrir quelque chose qui le rendra heureux. Sachez que votre présence est la chose la plus précieuse que vous puissiez lui offrir. Comment pouvez-vous aimer si vous n’êtes pas là ? Pour aimer, il faut être là, et être là, c’est pratiquer. Bien souvent, votre corps est là, mais votre esprit est ailleurs. Vous êtes perdu dans vos pensées, votre chagrin, votre peur ; vous n’êtes pas vraiment là pour la personne que vous aimez. C’est en inspirant et en portant votre attention sur votre inspiration que vous ramenez votre esprit dans votre corps et devenez présent. Le simple fait d’être là est l’aspect le plus important de la pratique. Quand vous êtes vraiment là, vous pouvez aller voir la personne que vous aimez, la regarder dans les yeux et lui dire : « Je suis là pour toi. » Votre présence est ce que vous avez de plus précieux à lui offrir. Ce n’est pas quelque chose que vous pouvez acheter dans un supermarché. » Thich Nhat Hanh

Je vous propose des consultations individuelles au Cabinet Aliotis à Genève ou en distanciel.  Je me déplace à domicile pour les personnes à mobilité réduite, dans les établissements médicaux spécialisés et les maisons de retraite. Je peux, à la demande, organiser des présentations interactives de la Maïeusthésie près de chez vous si vous avez un lieu d'accueil (min. 6 personnes).

 

Bien chaleureusement, Angela Dupraz

 

Mobile :  +41 79 126 57 73 - Mail : angela.dupraz@bluewin.ch  - www.angeladupraz.com


Genève, le 03.12.25

 
 
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