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Angela Dupraz

#55 L’INTELLIGENCE CACHEE, IDENTIFIER LES ZONES DE RUPTURE

  • Photo du rédacteur: Angela Dupraz
    Angela Dupraz
  • 15 déc. 2025
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 déc. 2025

 

 Si la vie sociale ne présentait aucune situation douloureuse, l’individu qui vit dans la société ne serait jamais en rupture. En ce sens, cette société est responsable des ruptures.

Mais, ce qui cause la rupture n’est pas la société ; c’est la façon dont nous vivons ce qu’elle nous présente. En ce sens, nous sommes responsables des ruptures que nous portons. Nous avons ici 100% de responsabilité des deux côtés en même temps, comme en communication, où chacun est entièrement responsable de ce qu’il émet et de ce qu’il ressent.

Être à priori sans rupture, si l’on n’a pas été confronté à quoi que ce soit, ne signifie pas grand-chose. La vie auprès des autres nous permet d’accroître notre potentiel d’accueil, d’où l’intérêt du vécu social, bien que nous soyons fondamentalement « bons ». En effet, être initialement « bon », mais « par rapport à rien », ne constitue encore qu’un bagage bien mince en termes d’assurance et d’affirmation de Soi. Il ne nous suffit pas de ne pas être en rupture. Nous souhaitons aussi accroître notre potentiel d’accueil. Nous pourrions appeler cela : « Quête vers une plus grande ouverture de conscience ». Davantage d’ouverture de conscience, c’est être capable d’accueillir plus, et ainsi, de se structurer mieux. L’expérience et l’information stockées ne suffisent pas, elles doivent être intégrées et structurées. Or, elles ne peuvent être structurées qu’en étant accueillies. L’accueil ne se fait souvent que plus tard, quand la situation a été digérée à la lumière de nouvelles expériences.

Ainsi se produit-il un mouvement d’aller-retour entre ruptures et réconciliations, mais à chaque voyage nous y gagnons en ouverture de conscience.

Reprenons, en quelques mots : nous sommes, à priori, sans rupture. Face à de nouvelles expériences, si elles sont douloureuses, nous avons tendance à nous anesthésier pour ne pas souffrir. Par cette anesthésie, nous sommes alors en rupture (mais attachés en attendant la réconciliation.

En réalité, la douleur a été engendrée par un manque de confiance, un manque de lucidité et un manque d’affirmation de soi, causant une difficulté à recevoir, comprendre et accueillir. Pour remédier à ce manque, nous nous fabriquons un ego en attendant de réaliser l’affirmation de soi. Les manifestations de cet ego seront variées en fonction des gens et des circonstances (personnalités, égoïsmes).

Nous faisons alors en sorte de repasser régulièrement par nos zones de rupture afin de sortir de notre anesthésie pour nous réconcilier (si nous en avons la capacité). Cette réconciliation se réalise souvent plus tard (…).

Quoique fasse un individu, tous ses actes concourent à sa réconciliation par rapport à des ruptures antérieures, et cela, jusqu’à la réconciliation de toutes les ruptures… Si cette œuvre s’accomplit le plus souvent inconsciemment, c’est que l’ego est encore trop fort pour qu’on réalise cela en toute conscience. En fait, consciemment, nous émettons beaucoup de résistance à cet accomplissement : nous préférons maintenir les ruptures pour faire valoir notre personnalité. Il se trouve que, quoi que nous fassions, nous allons quand même vers cette réconciliation. C’est un peu comme un poussah (ce jouet ventru, au socle demi sphérique et lesté) qui revient toujours à la position verticale quand on le pousse ; même bousculé jusqu’à l’horizontale, il se relève spontanément à la verticale.


Nous aussi, nous avons beau tout mettre en œuvre pour résister à la réconciliation, nous y allons quand même, car elle est notre nature !

 

Pour y parvenir grâce à l’intelligence cachée dont nous bénéficions, nous utiliserons de judicieux moyens sans nous en rendre compte (et tout en continuant à protester) : une personne en rupture avec un de ses parents aura tendance à lui ressembler en prenant de l’âge, nous pas parce qu’elle suit un modèle, mais parce que c’est un excellent moyen d’essayer de le comprendre et d’aboutir à la réconciliation (…).

 

Thierry Tournebise, l’Art d’être communicant avec les autres et avec soi-même, Ed. Dangles, 2008


Photo, Matthieu Ricard

« Si tu penses que le monde entier se dresse en ennemi, imagine, toi le vannier, que tu te trouves devant des tonnes d'osier. Pour faire des paniers, il te faudra tresser correctement cet osier. De même, face à toutes ces difficultés, tu dois vanner parfaitement un panier intérieur suffisamment grand pour contenir tous les aléas de l'existence sans qu'ils te submergent. Bref, il est essentiel que tu t'occupes de ton esprit avec discernement. » JIGME KHYENTSE RINPOCHE (b. 1964), transcrit par Matthieu Ricard d'après un conseil donné oralement.

Psychopraticienne en Maïeusthésie, psychothérapie intégrative, et praticienne en Médecine Chinoise & Vietnamienne, je vous accueille au Cabinet Aliotis à Genève ou en visioconférence. J'interviens également dans les hôpitaux, les unités d'urgence, de soins intensifs et palliatifs, maisons de retraite et établissements médicaux spécialisés. Je collabore étroitement avec des médecins et des psychiatres en thérapie déléguée en Suisse.

Je peux, à la demande, organiser des présentations interactives de la Maïeusthésie près de chez vous si vous avez un lieu d'accueil (min. 6 personnes).

Bien chaleureusement, Angela Dupraz

 

 Mobile :  +41 79 126 57 73 - Mail : angela.dupraz@bluewin.ch  - www.angeladupraz.com


Genève, le 15.12.25


 

 
 
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