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Angela Dupraz

#57 TRANSGENERATIONNEL, PSYCHOGENEALOGIE ET TRANSPERSONNEL

  • Photo du rédacteur: Angela Dupraz
    Angela Dupraz
  • 21 déc. 2025
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 janv.


 Nous avons longtemps négligé les rites de la mort, notre dialogue avec elle…, et avec lui, notre rapport aux ancêtres.

Pourtant ce sont ces rites qui, par-delà la séparation, inaugurent en nous la présence nouvelle et transformatrice de nos défunts, dans le tissage d’un lien inédit.

Alors qu’aujourd’hui le transgénérationnel surgit en force dans les demandes thérapeutiques et la littérature spécialisée, la question que cela pose est : pourquoi avait-il si abruptement disparu de toute la pensée occidentale ?

Le psychanalyste Didier Dumas, l’un des pionniers de cette approche (« L’Ange et le fantôme, introduction à la clinique de l’impensé généalogique », Ed. De Minuit, 1985) affirme qu’aucune autre civilisation ne s’était négligée à ce point.

Toute la pensée chinoise, toute la pensée amérindienne, toute la pensée africaine, toute la pensée australienne, sont ouvertes au transgénérationnel.

Le « fantôme psychique », concept introduit par les psychanalystes Nicolas Abraham et Maria Törok dans leur livre fondateur « L’Écorce et le noyau », est « cette lance laissée en nous par le secret des autres ». Il révèle les zones d’ombre de la souffrance humaine (les catastrophes, les hontes singulières, personnelles, familiales ou sociales, les traumatismes subis, les deuils impossibles...) quand elles ont été abandonnées, et dont la mémoire est encore vive, enterrée dans le secret, clouée dans l'inachevé, le non-clos, se rappelle bruyamment aux descendants sous formes de troubles et entrave l'ouverture psychique. Sandrine Chenivesse, sinologue, anthropologue spécialisée dans les religions chinoises, psychanalyste en transgénérationnel et écrivaine.


 Photo, Yann Arthus-Bertrand


Le professeur Anne Ancelin Schützenberger nous apporta cette approche (transgénérationnel et psychogénéalogie) dans les années 1970. Elle prend en compte des vécus antérieurs à la biographie du patient, éprouvés par ses ascendants. Quand il s’agit d’ascendants proches (parents, grands-parents), nous parlerons d’intergénérationnel ; quand il s’agit d’aïeux lointains, nous parlerons de transgénérationnel. La psyché y est considérée sur plusieurs générations (Anne Ancelin Schützenberger, Psychologie, Guérir les blessures familiales et se retrouver soi, Ed. Payot, 2012).


Le docteur Stanislav Grof observa que des états modifiés de conscience – notamment avec la respiration holotropique – permettaient d’accéder, en reviviscence, à des situations biographiques, transgénérationnelles ou transpersonnelles, c’est-à-dire « hors du champ historique », pouvant concerner des individus inconnus, des pans entiers de l’humanité, des esprits, des versions symboliques, archétypales, etc.

La psychologie transpersonnelle est aussi une psychologie du Soi. En ce sens, elle est proche de la Maïeusthésie. De plus, Stanislav Grof insiste bien sur la valeur du symptôme qu’il ne faut pas éradiquer, car il est une « opportunité thérapeutique ». Toutefois, la différence avec la Maïeusthésie vient du fait qu’il est plus dans une démarche de reviviscence cathartique que de rencontre et de restauration. Mais la similitude se trouve tout de même dans le fait de toucher la zone ontique, hors biographique et hors transgénérationnel. Ceci est une avancée majeure que partage la Maïeusthésie.


La Maïeusthésie considère avec beaucoup d’attention le fait qu’un symptôme peut pointer vers un ascendant, même lointain, même que l’on n’a pas connu ! Elle met souvent en œuvre des remédiations à ce niveau « inter » ou « trans » générationnel. Cette approche fait partie des thérapies brèves incluant la dimension transgénérationnelle et transpersonnelle.

Ce qui s'y trouve en émergence peut être identifié n'importe où et n'importe quand. Pour voir large et ne pas limiter l'investigation, nous dirons avec humour : n'importe où « entre maintenant et l'éternité »… ce qui inclut le transgénérationnel et le transpersonnel... et même des éléments « hors du temporel ».


Thierry Tournebise, Françoise Leclère, Au cœur de la psychothérapie, nouveaux paradigmes et déroulements détaillés d’entretiens, Ed. ESF Sciences Humaines, 2018


Stanislav Grof et Fritjof Capra, entretien à l'Institut Esalen, années 1977-86 :


Fritjof Capra – Vous êtes le fondateur avec Abraham Maslow de la psychologie transpersonnelle et, avec votre femme Christina, professeure de yoga à l’Institut Esalen, vous êtes l’inventeur de la respiration holotropique. Comment pourriez-vous définir la psychologie transpersonnelle ?

Stanislav Grof - Il y a plusieurs manières d’entrer dans le transpersonnel. L’une d’elles est de traverser les différentes matrices périnatales et d’intégrer ce qui a été vécu à la naissance. On peut aussi entrer dans une expérience océanique ou d’autres dimensions transpersonnelles sans passer par les matrices.

Fritjof Capra – Pouvez-vous donner un exemple ?

Stanislav Grof - considérons le processus initiatique des chamans qui vivent une crise spontanée qui les éloigne de la matrice de la tribu. Dans leur voyage visionnaire ils descendent dans le monde souterrain, se trouvent emprisonnés et sont exposés à des épreuves physiques et émotionnelles très difficiles. Ils se vivent comme étant annihilés, démembrés et par la suite réorganisés où rassemblés mais autrement qu’avant.

Ils peuvent vivre aussi une sorte de voyage magique dans des royaumes célestes. Ils peuvent être comme une sorte d’oiseau solaire, ou un oiseau de tonnerre ou être porté par l’oiseau jusqu’au soleil. Parfois c’est comme s’ils grimpaient l’arbre du monde ou escaladaient un arc-en-ciel. Si vous regardez cela de près, c’est comme s’ils reprenaient symboliquement le chemin d’une naissance. Le chaman se connecte intimement avec les forces de la nature, les animaux et là où le psychothérapeute peut beaucoup apprendre, c’est que ce voyage a un effet d’auto-guérison.

Fritjof Capra - Les anthropologues n’appellent-ils pas les chamans, les guérisseurs blessés ?

Stanislav Grof – Exactement. Ils se guérissent d’abord mais à travers ce processus d’auto guérison, ils découvrent comment guérir les autres. Cette médecine énergétique on la trouve dans la médecine chinoise, l’acupuncture ou l’homéopathie. C’est l’idée que derrière les maladies il y a des blocages d’énergie et que si nous pouvons libérer ces blocages cela peut conduire à la guérison.


« Qu'est-ce que ça veut dire écouter ? Écouter signifie comprendre ce que l'autre ne dit pas. » Carl Ransom Rogers

 

Psychopraticienne en Maïeusthésie, psychothérapie intégrative, et praticienne en Médecine Chinoise & Vietnamienne, je vous accueille au Cabinet Aliotis à Genève ou en visioconférence. J'interviens également dans les hôpitaux, les unités d'urgence, de soins intensifs et palliatifs, maisons de retraite et établissements médicaux spécialisés. Je collabore étroitement avec des médecins et des psychiatres en thérapie déléguée en Suisse. Je peux, à la demande, organiser des présentations interactives de la Maïeusthésie près de chez vous si vous avez un lieu d'accueil (min. 6 personnes).

Bien chaleureusement, Angela Dupraz

 

Mobile :  +41 79 126 57 73 - Mail : angela.dupraz@bluewin.ch  - www.angeladupraz.com

 

Genève, le 21.12.25

 
 
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