#60 LE SEUIL DE TOLERANCE
- Angela Dupraz

- 28 déc. 2025
- 3 min de lecture
Le seuil de tolérance est souvent interprété comme une fragilité individuelle, alors qu’il raconte surtout ce qui arrive à un organisme exposé trop longtemps à des contraintes qu’il n’a pas choisies.
La psychologie montre que nos capacités de régulation ne se construisent pas dans le vide, elles dépendent directement des conditions matérielles, relationnelles et sociales et ces conditions sont profondément inégales.
S’écouter, poser des limites et demander de l’aide est essentiel, mais insuffisant si l’on continue à faire porter aux individus la responsabilité de s’adapter à des contextes qui les épuisent.
Ici, je parle de seuil de tolérance pour rappeler que la santé mentale est aussi une question sociale et politique et que prendre soin des personnes implique de transformer les conditions dans lesquelles elles vivent.
Fanny Terrisse, psychologue clinicienne, psychothérapeute
Sources :
- McEwen, B. S. (1998). Stress, adaptation, and disease: Allostasis and allostatic load. Annals of the New York Academy of Sciences, 840, 33–44.
- McEwen, B. S., & Gianaros, P. J. (2011). Stress- and allostasis-induced brain plasticity. Annual Review of Medicine, 62, 431–445.
- Johnson, S. C., Cavallaro, F. L., & Leon, D. A. (2017). A systematic review of allostatic load in relation to socioeconomic position: Poorer individuals have higher physiological risk. Social Science & Medicine, 192, 66–73.
- Miller, G. E., Chen, E., & Parker, K. J. (2011). Psychological stress in childhood and susceptibility to the chronic diseases of aging: Moving toward a model of behavioral and biological mechanisms. Psychological Bulletin, 137(6), 959–997.
- Paradies, Y., Ben, J., Denson, N., Elias, A., Priest, N., Pieterse, A., Gupta, A., Kelaher, M., & Gee, G. (2015). Racism as a determinant of health: A systematic review and meta-analysis. PLOS ONE, 10(9), e0138511.
- Hochschild, A. R. (2003). The managed heart: Commercialization of human feeling (20th anniversary ed.). University of California Press.

En Maïeusthésie, nous dirons que la tolérance est un grand progrès par rapport à l’intolérance. Mais il ne faut pas oublier le progrès qu’il reste à faire, car « tolérer » c’est « supporter ». Notez ce que vous ressentez quand quelqu’un vous « tolère »… ce n’est pas la même chose que s’il vous considère ou vous accueille chaleureusement.
Nous noterons aussi qu’une « marge de tolérance » dans une mesure expérimentale, c’est une « marge d’erreur ». Être tolérant c’est presque considérer l’autre « un peu comme une erreur », mais par « générosité » on lui permet quand même d’exister ! Décidément ce mot désigne une attitude qui ne peut s’ériger en modèle et qui mérite progrès.
« Venir au monde, c’est tout simplement exister, sortir du paraître, du personnage, de l’apparent. C’est expérimenter ce qui ne s’apprend pas, c’est vivre enfin la sensation d’être là. » Thierry Tournebise, Le grand livre du psychothérapeute, Ed. Eyrolles, 2011
Psychopraticienne en Maïeusthésie, psychothérapie intégrative, et praticienne en Médecine Chinoise & Vietnamienne, je vous accueille au Cabinet Aliotis à Genève ou en visioconférence. J'interviens également dans les hôpitaux, les unités d'urgence, de soins intensifs et palliatifs, maisons de retraite et établissements médicaux spécialisés. Je collabore étroitement avec des médecins et des psychiatres en thérapie déléguée en Suisse.
Je peux, à la demande, organiser des présentations interactives de la Maïeusthésie près de chez vous si vous avez un lieu d'accueil (min. 6 personnes).
Bien chaleureusement, Angela Dupraz
Genève, le 28.12.25
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