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Angela Dupraz

#66 ASSERTIVITE

  • Photo du rédacteur: Angela Dupraz
    Angela Dupraz
  • 14 janv.
  • 6 min de lecture

 L'assertivité vient du mot anglais ASSERTIVENESS. Initié par Andrew SALTER psychologue new-yorkais dans la première moitié du siècle dernier. Développé plus récemment par Joseph Wolpe, psychiatre et professeur de médecine américain comme "Expression libre de toutes émotions vis-à-vis d'un tiers, à l'exception de l'anxiété".

L'assertivité est définie comme une attitude dans laquelle on est capable de s'affirmer tout en respectant autrui. Il s'agit de se respecter soi-même en s'exprimant directement, sans détour, mais avec considération. Cela conduit à diminuer le stress personnel, à ne pas en induire chez autrui et à augmenter l'efficacité dans la plupart des situations d'entretien. Cette attitude est particulièrement importante dans toutes les situations de la vie, mais elle l'est particulièrement dans toutes les situations d'entretiens professionnels et notamment dans le management (domaine où elle est trop souvent ignorée).

 

Les quatre attitudes

Nous trouvons quatre attitudes pour définir un grand nombre de comportements humains :

1 - La fuite

2 - La manipulation

3 - L'agressivité

Ces trois premières attitudes sont beaucoup moins performantes que l'assertivité. Elles ont tendance à s'exprimer de façon réflexe dans les situations difficiles. Elles sont génératrices de tensions, de défenses, d'incompréhension et de perte de temps.

4 - L'assertivité

Cette attitude, elle, au contraire, définit parfaitement une grande qualité de la communication dans laquelle on se respecte soi-même autant que l'on respecte autrui. Elle s'exprime de façon sensible et réfléchie. Elle permet des actions adaptées aux situations. Elle est importante dans toutes les circonstances de l'existence, personnelles et professionnelles.

 

 Le leurre de la maîtrise de soi

Pour beaucoup de monde, avoir un pouvoir sur soi semble une situation enviable. Cela permettrait à chacun de se délivrer de tous ces défauts qui entravent la réussite ! Libre de l’émotionnel, libre des peurs, des phobies, des inhibitions etc…

Mais l’idée de "maîtrise de soi" part sur de mauvaises bases. Nous avons appris à ne pas nous fier à ceux qui prônent des idées de pouvoir sur l’autre. Nous avons hélas moins de discernement vis à vis de ceux qui prônent des idées de pouvoir sur soi. 

Rechercher le pouvoir sur autrui est suspect, rechercher le pouvoir sur soi (maîtrise de soi) l’est tout autant. Même sur soi, le pouvoir est une démarche maladroite, voir néfaste. Le pouvoir sur soi conduit à une négation de soi. Ce soi qu’on n’aime pas, le remplacer par autre chose revient à une amputation de soi… qui ne peut conduire à une authentique assurance.


 L’assertivité est fondée sur l’affirmation de soi et non sur la maîtrise de soi. L’affirmation de soi n’est en aucun cas un pouvoir sur soi. L’affirmation de soi, c’est l’accueil de soi... l’accueil de soi, c’est l’accueil de celui que l’on est, de tous ceux qu’on a été depuis qu’on existe et de tous ceux dont on est issus. L’affirmation de soi c’est donc aussi un respect de soi où il y a aussi respect d’autrui.

 

 Le non-verbal : certificat d’authenticité

Lorsque nous échangeons des propos, l’information qui passe de nous à l’autre et de l’autre à nous est constituée de verbal (mots - sémantique) et de non-verbal (attitudes, gestuelles, intonations de la voix). Ce qui est étonnant c’est que la plus grande partie de l’information échangée est surtout non-verbale.

Ce non verbal est manifesté par la moindre fluctuation de notre intonation, de notre respiration, par le moindre rictus ou la plus infime modification de notre regard. C’est même la moindre modification de notre rythme cardiaque, de la couleur de notre peau, du diamètre de nos pupilles, de nos odeurs corporelles, etc… Nous atteignons là la limite d’un réel pouvoir sur soi, car le non verbal est plus généré par ce que l'on pense vraiment  que par la volonté.

Ce non verbal signe donc l’authenticité de nos propos. Quand verbal et non verbal sont en harmonie, on dira qu’il y a congruence.

Quand il n'y a pas vraiment congruence, même si l’interlocuteur s’y laisse prendre, la situation ne lui laissera qu’un parfum de manipulation. Il se sentira alors rempli de doutes, d’incertitude, voire d’amertume. Si une telle attitude peut fonctionner avec des gens qu’on ne reverra plus, il faut savoir qu’elle demande néanmoins une dépense d’énergie importante et qu’elle laisse une image déplorable. Chez les personnes que l’on revoit régulièrement, une telle attitude va même profondément nuire à la motivation, à la confiance, à l’implication de chacun, à la qualité de la communication… et quand il s’agit du monde professionnel, la qualité du travail s’en trouvera fortement affectée malgré une dépense d’énergie démesurée. Nous avons là une des principales sources de stress. Tout cadre, directeur ou responsable des ressources humaines se doit de bien connaître ce phénomène.

Le non verbal signe donc la qualité de nos échanges. Il est directement lié à ce qu’on pense et à ce qu’on ressent et ne peut totalement être feint. Il est lié à la qualité de la communication qu’on a avec autrui et avec soi-même.


 

 En finir avec la fausse communication

Il est de bon ton de parler de communication. Utilisé pour tout et pour rien, ce mot devient commun au point de s’être un peu vidé de sa substance. Pour qu’un échange entre deux personnes mérite le label "communication", il doit pourtant répondre à certains critères très précis.

L’assertivité définit parfaitement un état dans lequel on est communicant.

 

Pour comprendre ce que signifie "être communicant", nous devons différencier la communication et la relation. Être communicant, c’est d’abord être ouvert, alors qu’être relationnel, c’est être relié (attaché, dépendant). Ce sont deux attitudes fondamentalement différentes. La relation est fréquente, puisque c’est le minimum incontournable de tout échange, volontaire ou non. La communication, elle, est plus rare car elle suppose une conscience et une humanisation des échanges, qui malheureusement n’a rien de spontané. Être communicant, c’est sortir des réflexes pour entrer dans une dimension humanisée.

 

Le tableau ci-dessous reprend quelques critères dans un listage comparatif entre la communication et la relation. Dans les deux cas l’information va bien d’un point à un autre, mais elle ne circule pas de la même façon et ne produit pas le même effet. On ne peut pas parler d'assertivité si on n'a pas clairement différencié la relation de la communication.


 


Echanges sans gaspillage d’énergie

 Faire semblant consomme beaucoup d'énergie. Cela nous épuise. Nous allons rapidement nous en plaindre. Ce mécanisme étant contagieux, il va s'étendre à notre environnement. Tout cela engendre la fuite d'une phénoménale quantité d'énergie et un grand gaspillage de temps. Nous avons là une importante source du stress quotidien.

 

Il suffit, dans un environnement, qu'une seule personne soit dans l'assertivité pour qu'une régulation s'opère. C'est justement parce que dans notre entourage les gens ne sont pas ainsi qu'il est urgent que nous le soyons le plus possible. Peu importe notre imperfection, car chaque fois que nous y parvenons, c'est un peu de mieux être et d'efficacité gagnée.

 

Attention de ne jamais pour autant prétendre en savoir plus que les autres. Se prétendre proche de la perfection ne fait que développer un mépris pour autrui et produira à coup sûr l'inverse de l'effet attendu. Soyons simples, y compris avec nos défauts, et assumons-nous.

 

 Thierry Tournebise, extrait de la publication : « Assertivité, l'affirmation de soi dans le respect d'autrui », septembre 2001

 

 Pour plus de détails sur ce sujet, vous pouvez lire les ouvrages « L'art d'être communicant avec les autres et avec soi-même » (Ed. Dangles, 2008) et « L’écoute thérapeutique, cœur et raison en psychothérapie (Ed. ESF Sciences Humaines, 2018).


En lien, la lecture de la publication complète « Assertivité, l'affirmation de soi dans le respect d'autrui » : https://youtu.be/PNO-131b8wU?si=ilP30SDrCi5SIT5k

 

 « Ce qu’un Être a découvert dans sa vie la plus particulière, cela appartient à tous, et si ce qu'il a découvert peut augmenter et enrichir la vie des autres, il a le devoir de le dire. » Jacques Luysseran

Si vous souhaitez enrichir la qualité de votre communication et gagner en justesse relationnelle, explorer l’assertivité et les clés de compréhension fines du fonctionnement psychique pour mieux vous rencontrer, renforcer votre confiance et vous affirmer dans vos relations, alors contactez-moi. Psychopraticienne en Maïeusthésie, je vous accueille au Cabinet Aliotis à Genève ou en visioconférence.

Je peux, à la demande, organiser des présentations interactives de la Maïeusthésie près de chez vous si vous avez un lieu d'accueil (min. 6 personnes).

Bien chaleureusement, Angela Dupraz

Genève, le 11.01.2026

Mobile :  +41 79 126 57 73 - Mail : angela.dupraz@bluewin.ch  - www.angeladupraz.com

 

 
 
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