#10 ACUITE ET PRIORITES, NON-SAVOIR, GUIDAGE NON DIRECTIF
- Angela Dupraz

- 18 juil.
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 10 août
Dans le lieu d’un drame, les Êtres qui l’ont vécu attendent d’être clairement différenciés de celui-ci, et de susciter de la réjouissance, un bonheur d’être rencontrés, et d’être validés dans leur éprouvé.
Le praticien différencie clairement entre les Êtres (l’existentiel), les ressentis (l’émotionnel) et les faits (le factuel, l’événementiel).
Le praticien priorise les Êtres (reconnaissance, considération). Les éprouvés sont en second plan (validations). Les circonstances (éventuelles estimations), restent en arrière-plan sans être négligées (parfois estimées, en vue de repères sociaux, selon qu’elles sont source de bonheur ou de peine). Le praticien est en non savoir quant aux faits et aux ressentis. Il permet aux patients de les révéler grâce au guidage non directif.
Il n’induit aucune réponse mais permet leur émergence grâce à des questions adaptées.
L’acuité du praticien
Le praticien est censé faire clairement la distinction entre les faits (ce qui s’est produit sur le plan événementiel), les Êtres (ceux qui ont vécu ces faits), et l’émotionnel (ce que ces Êtres ont éprouvé lors de ces faits).
Non seulement il fait clairement la distinction entre les trois, mais il priorise les Êtres qui seront toujours en premier plan. En second plan se trouveront les éprouvés, et en arrière-plan les faits.
Cela donnera toujours l’ordre suivant :
1 / Existentiel (qui attend reconnaissance et considération)
2 / Emotionnel (qui doit être validé dans sa nature et sa dimension)
3 / Evénementiel (qui parfois nécessite une estimation, c’est à dire une évaluation sociale en fonction de la joie ou de la peine dont il stimule l’émergence).
Le non-savoir, source de compétence
Le praticien est en non-savoir quant aux événements et aux éprouvés (événementiel et émotionnel) du patient. Seul le patient détient les éléments à ce sujet et le praticien accepte son ignorance, tant que le patient ne l’en a pas informé par du verbal ou par du non verbal.
Plus encore, le patient est lui-même souvent ignorant quant à ce que celui qu’il était a éprouvé lors d’une situation antérieure. La mémoire reconstruit ce vécu (alors « remasterisé ») et ce qu’elle en donne est souvent différent de ce qui a été éprouvé, jusqu’à parfois son contraire. Souvent, la mémoire a soit dramatisé, soit banalisé la réalité, et la seule source fiable reste celui qu’était le patient au moment de la circonstance. C’est pourquoi le praticien sait inviter le patient à demander en direct à celui qu’il était ce qu’il a éprouvé (c’est une source de première main).
Certes cette source n’est pas objectivable, mais elle se révèle bien plus efficiente en thérapie que ce que fournit la mémoire (qui d’ailleurs n’est pas objectivable non plus).
Non-savoir et connaissance
Nous ajouterons le paradoxe que d’un côté il y a le non savoir incontournable concernant les faits et les ressentis, mais qu’en même temps le praticien a une connaissance des archétypes existentiels qui sont des structures dynamiques invariantes. Cela lui permet de ne pas se perdre et d’avoir une vision claire des enjeux, sans s’égarer dans les détails inutiles. Il en découle, de sa part envers le patient, des questions (guidage non directif) ou des demandes pertinentes (requêtes, invitations à... ).

CONNIVENCE AVEC L’ÊTRE EMERGENT
Proche du patient, le praticien se tourne néanmoins surtout en connivence avec l’Être émergeant qui appelle la conscience de celui-ci en vue de reconnaissance et de validation, (mais avec soin concernant le moindre ressenti actuel du patient). C’est cet Être émergeant qui amène le patient en consultation grâce au symptôme.
Le praticien s’ouvre à l’appel de cet Être émergeant et en est proche par avance. Cela constitue un principe essentiel.
A différencier de toute invitation à s’en libérer ou s’apaiser. Il serait même maladroit de demander au patient d’aller vers cet Être émergeant tout en restant soi-même à distance de cet endroit …quand bien même le praticien serait très proche du patient.
« Car ne nous y trompons pas, ce n’est pas le patient qui amène celui qui a souffert chez le praticien, mais celui qui a souffert et qui a été clivé, qui conduit le patient en consultation à travers le symptôme. » Thierry Tournebise
L’Être émergeant
Les symptômes pointent vers ce qui, en nous, appelle la conscience en vue de remédiation ou de déploiement. Ce qui appelle est le plus souvent un Être de Soi qui a été clivé pour raison de survie. Le symptôme ne signale pas alors un dysfonctionnement mais un élan pertinent vers une complétude.
Cet Être émergeant bénéficie de l’attention du praticien, qui lui accorde sa reconnaissance, avant même qu’il ne soit identifié par guidage non directif. Le praticien est d’avance touché par cette dimension existentielle qui se manifeste à travers le symptôme.
La connivence
Le praticien est en proximité avec le patient, touché par l’Être qu’il est, et totalement en alliance avec lui durant toute la démarche thérapeutique.
Cependant, il est encore plus en proximité et en alliance avec cet Être de Soi qui, chez le patient, appelle la conscience à travers le symptôme. Une sorte de « lieu sacré » de la psyché qui attend d’être rencontré tout en délicatesse (subtilité), mais sans précautions (ni protocoles, ni ritualisations). Cet endroit de la psyché est à rencontrer tout naturellement, comme un ami qu’on a le plaisir de retrouver.
Le praticien est en connivence avec cet Être émergeant bien plus qu’avec le patient (qui voulait s’en débarrasser), mais il va accomplir la remédiation tout en respectant absolument toutes les hésitations du patient, qui indiquent le meilleur chemin pour y parvenir.
Le praticien est en équipe avec cet Être émergeant, avec le patient, mais aussi avec la Vie qui œuvre avec pertinence. La thérapie s’accomplit donc avec une équipe de quatre !
Thierry Tournebise, extrait de la publication : « Les douze fondamentaux en Maïeusthésie », juin 2020
« Il est essentiel en Maïeusthésie que le praticien se positionne au côté de l'Être identifié (et même qu'il soit en connivence avec lui). Il s'agit de « tact psychique » : d'oser être touché par cet Être et son vécu éprouvé. Il est même censé y être dès le départ, avant même que cette « part de soi » soit identifiée, alors qu'elle est juste indiquée grâce au symptôme initial qui pointe implicitement vers lui (comme un appel de sa part). Ici, cette posture du praticien favorise non pas la reconnaissance d'une zone blessée, mais celle d'une zone à honorer, d'une zone de Soi qui a eu une grande capacité à faire face de façon judicieuse, d'une zone de Soi (ressource) qui appelle une totale reconnaissance. » Thierry Tournebise et Françoise Leclère, Au coeur de la psychothérapie, nouveaux paradigmes et déroulements détaillés d'entretiens, Ed. ESF Sciences humaines, 2018
Je vous propose des consultations individuelles, en couple ou en famille en présence au Cabinet Aliotis à Genève ou en visio.
Je peux, à la demande, organiser des présentations interactives de la Maïeusthésie près de chez vous si vous avez un lieu d'accueil (min. 8 personnes).
Bien chaleureusement, Angela Dupraz
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Genève, le 18.07.25


