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Angela Dupraz

#74 ACCOMPAGNER SIMPLEMENT 

  • 4 févr.
  • 3 min de lecture

Il s’agit plus d’accompagner une émergence précieuse que de livrer un combat.


Aucune énergie contre


Apparaissant « spécialement pour », le symptôme conduit à la raison (à la raison du patient). La raison, c’est la cause, la source, l’origine, la circonstance (actuelle, récente ou ancienne) vers laquelle ce symptôme nous renvoie. Comprendre cela permet d’adopter une attitude qui n’investit jamais « d’énergie contre » le symptôme… ni « contre la raison » de ce symptôme.

En effet il ne s’agit pas de trouver la cause pour s’en débarrasser, mais pour la reconnaître. Il ne s’agit pas de quelque chose de néfaste à enlever, mais de quelqu’un de précieux à réhabiliter dans un moment de sa vie (actuel, récent ou ancien) où il a ressenti quelque chose de majeur.

Une des sources d’épuisement dans le soin est de croire qu’il faut éradiquer, combattre, débarrasser, enlever, libérer, évacuer, décharger…

Ce gaspillage d’énergie cesse aussitôt quand on comprend qu’il s’agit plus de reconnaître que de combattre. Le patient porte en lui le sens de ce qui se passe. Il a d’abord besoin d’être entendu et reconnu dans son ressenti.

Il importe ainsi d’apprendre à naviguer dans le sens du courant (de la pensée du patient) et cela épargne beaucoup de fatigue tout en produisant plus de résultats.


Médiation plutôt que solution


Chercher à identifier le problème dans le but d’apporter une solution n'est pas adapté au domaine de l’aide psychologique. La notion « problème - solution -  résultat - mesure du résultat » ne peut s’appliquer telle quelle dans ce cas. C’est même un piège source d’épuisement, d’inefficacité et de risques.

Quand une personne exprime un ressenti, si l’on choisit de commencer par chercher une solution, cela revient à commencer par un déni.

La « solutionnite aiguë » est l’ennemi de l’aide psy, tant pour le patient qui se sent alors nié que pour le soignant qui alors se vide de son énergie tout en produisant l’inverse de ce qu’il espère... avec pourtant de bonnes intentions

Curieusement, le mot « solution » signifie même « rupture ». Le radiologue désigne la fracture d’un segment osseux par l’expression « solution de continuité du segment osseux » pour dire que la continuité a été rompue.

L’aide ne consiste pas en une solution, mais en une médiation (média, remédier, remettre en contact, rapprocher, réduire la fracture)

Un symptôme est généralement l’expression d’une fracture intérieure que le patient manifeste dans l’espoir (inconscient) qu’on saura l’aider à se réconcilier avec lui-même…et non qu’on le coupera davantage de lui-même. 

 

Juste accompagner l’émergence de ce qui est en cours


Aider semble souvent délicat. Les stagiaires me disent quelque fois « saurai-je aider quand je serai seul face au patient ? ».

Il faut comprendre que si on se croit seul face au patient, effectivement, on ne pourra pas l’aider. Le soignant n’est jamais seul face au patient : il est avec le patient (voilà une évidence trop souvent oubliée). Le patient et le soignant forment déjà une équipe. Le soignant qui se croit seul n’a pas suffisamment considéré l’importance du patient et ne pourra pas lui apporter une aide réelle.

Il s’agit pour le soignant de comprendre, avec l’aide du patient, ce que celui-ci cherche à exprimer.

Le soignant va bien regarder dans quel sens va le patient, ce qu’il tente de faire émerger de lui. Quand le soignant ne voit pas bien, il doit simplement se faire aider par son patient. Cette attitude d’humilité, de confiance, de partenariat et même de "non savoir" est source d’efficacité et de moindre fatigue.

En réalité, le symptôme est le jaillissement d’une source précieuse, avec laquelle le patient est coupé. C’est un peu comme s’il essayait de « mettre au monde » une part de lui-même que l’on a oublié de valider. C’est un peu comme s’il tentait de rétablir une circulation de vie là où, en lui, elle a été interrompue.


Thierry Tournebise, extrait de la publication « Psychothérapie ».


 Photo, Sarolta Gyoker

« L’être humain est une chambre d’hôtes. Chaque matin est une nouvelle arrivée. Une joie, une dépression, une mesquinerie, une conscience momentanée vient comme un visiteur inattendu… Recevez-les. Traitez honorablement tous ces passants. La honte, la malveillance, la sombre pensée, accueillez-les à la porte en riant et faites-les entrer. Réjouissez-vous de leur venue, car chaque hôte a été envoyé comme guide de l’au-delà. » Rumi, poète mystique persan du XIIIe siècle.

 

Psychopraticienne et formatrice en Maïeusthésie - psychothérapie intégrative - , praticienne en Médecine Chinoise & Vietnamienne, je vous accueille au Cabinet Aliotis à Genève ou en visioconférence. J'interviens également dans les hôpitaux, les unités d'urgence, de soins intensifs et palliatifs, maisons de retraite et établissements médicaux spécialisés. Je collabore étroitement avec des médecins en thérapie déléguée en Suisse.

Je peux, à la demande, organiser des présentations interactives de la Maïeusthésie près de chez vous si vous avez un lieu d'accueil (min. 6 personnes).


Bien chaleureusement, Angela Dupraz


Genève, le 04.02.2026


Mobile :  +41 79 126 57 73 - Mail : angela.dupraz@bluewin.ch  - www.angeladupraz.com

 

 

 

 

 

 

 

 
 
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