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Angela Dupraz

#95 LE TRAUMA DE NEGLIGENCE, RECONNAÎTRE, ACCOMPAGNER ET GUERIR PAR RUTH COHN

  • 15 juil.
  • 6 min de lecture

 Le livre "Le trauma de négligence - Reconnaître, accompagner et guérir - Parce que rien n'est pas rien de Ruth Cohn", Ed. Quantum Way, 2026, est un ouvrage clinique de référence consacré au trauma développemental lié à la négligence dans l’enfance. Ruth Cohn y défend une thèse essentielle : la négligence précoce est une forme majeure de trauma, souvent plus invisible que les abus, mais tout aussi profonde et durable dans ses effets sur le développement psychique, émotionnel, relationnel et somatique.

Le trauma de la négligence ne se définit pas par ce qui est arrivé, mais par ce qui n’a pas eu lieu : un regard, une réponse émotionnelle, une protection, une présence suffisamment fiable pour permettre à l’enfant de se sentir vu, reconnu et soutenu. Cette absence répétée entrave la construction du sentiment d’exister, la capacité à ressentir, à entrer en relation et à recevoir.

S’appuyant sur la théorie de l’attachement, les neurosciences du trauma, une longue expérience clinique, mais aussi sa propre histoire, Ruth Cohn met en mots avec finesse l’expérience des personnes ayant grandi dans la négligence.

 

« Il s’agit d’un univers d’expériences manquantes. Quand j’ai commencé à m’intéresser aux traumas psychiques il y a 40 ans, ce sujet était à peine connu. Puis il a commencé à l’être. Peu à peu, les gens ont commencé à s’intéresser à la négligence et à ses conséquences. Le terme « négligence » est même devenu un mot courant. Tout le monde, ou presque, semble savoir ce qu’il signifie. Mais qu’en est-il vraiment ?

Tout d’abord, les personnes qui en ont souffert sont celles qui, depuis toujours, ont été des laissés-pour-compte, passent entre « les mailles du filet » de la thérapie.

L’une des premières choses que j’ai remarquées chez les personnes ayant souffert de négligence, les « survivants de la négligence », c’est ce haussement d’épaules qu’ils font en disant « Il ne m’est rien arrivé ». Et ils ne réalisent pas que ce « rien » est précisément « tout » ce qui leur est arrivé. Mais comme ils ne connaissent pas ce qu’ils ont manqué, ils ont l’impression de n’avoir ni une raison ni le droit de se sentir mal. Ils se sentent mal et éprouvent de la honte.

Mais il y a autre chose en plus du fait qu’ils soient restés invisibles et sans aide pendant si longtemps. C’est le sentiment d’exclusion, le manque d’appartenance, le vide, l’aliénation, cette sensation de « Je ne trouve ma place nulle part ».

Ces personnes souffrent.

Le trauma est, par définition, une expérience accablante : le stimulus de l’événement traumatique dépasse la capacité du cerveau et du système nerveux à le traiter de manière habituelle.

La négligence, quant à elle, représente un ensemble d’expériences essentielles manquantes, dont l’absence peut compromettre, voire menacer, le bien-être et même la vie.

Les deux vont avoir un impact profond sur notre système nerveux et notre corps, entravant notre capacité de régulation et laissant une empreinte sur pratiquement tous les aspects de notre fonctionnement.

 

La négligence remonte au tout début de la vie avec un sentiment profond d’être abandonné à soi-même, non-attaché, détaché. Comme un astronaute sans attache, flottant seul dans l’espace.

La négligence, c’est l’histoire de ce qui manque, de ce qui ne s’est pas produit.

L’attachement à notre « caregiver » est vital, c’est une question de survie. Nous avons besoin d’attachement exactement comme nous avons besoin d’oxygène, de nourriture, de chaleur, d’un toit et de protection. Et l’échec de cela, le retrait, l’absence, la perte de l’autre, la perte de ce lien est vécu par le nourrisson comme une menace pour sa vie. Ainsi, l’expérience de ne pas être attaché est une expérience « de terreur mortelle »

Au cœur du traumatisme de négligence se trouve ce qu’on appelle le « dilemme sans solution ». C’est un concept qui nous ramène à la toute petite enfance, quand l’enfant désire ardemment la proximité avec une autre personne, un être aimé, mais que cette autre personne est absente, n’est pas fiable, est en retrait, est imprévisible ou n’est pas là. Cela constitue une « source de terreur » mortelle pour un nouveau-né. Et dans ce cas, la source de la terreur et de la proximité sécure est représentée par la même personne.

Donc ce dilemme sans solution, c’est que l’enfant désire à la fois être aimé et être proche, mais il est aussi terrifié à l’idée d’avoir besoin de cette personne ; il va alors refouler son besoin et développer une sorte d’autosuffisance à toute épreuve. »

 

Ruth Cohn est une psychothérapeute spécialisée dans le travail avec les survivants de traumatismes et de négligences, leurs conjoints et leurs familles depuis 1988.  https://youtu.be/D_XIH37OP9Y?si=RnsYseRUpmtT3Zgz

Bien que le concept de « traumatisme de la négligence » est davantage associé aux travaux sur le développement, l'attachement et le psychotrauma (par exemple ceux de Bessel van der Kolk, Allan Schore ou Gabor Maté), Ruth Cohn a développé la TCI (Thérapie Communautaire Intégrative), qui met l'accent sur l'équilibre entre la personne, le groupe, la tâche et le contexte.


« Si notre société prenait réellement conscience de l'importance des liens affectifs tout au long des premières années de vie, elle ne tolérerait plus que les enfants grandissent (ou que leurs parents soient en difficulté) dans des situations que ne peuvent nourrir une croissance saine. » Dr. Stanley Greenspan (1941-2010), L'esprit qui apprend Ancien directeur du programme de développement clinique du nourrisson de L'Institut national américain de santé mentale

Photo, Noemia Prada


« Nous naissons sans savoir qui nous sommes, ni comment penser. Nous ne savons que ressentir. C'est à travers nos ressentis que la façon dont nous sommes élevés crée la trajectoire de notre vie. » Natasha Khazanov, neuropsychologue basée à San Francisco

LE TRAUMA DE NEGLIGENCE SELON LA MAÏEUSTHESIE

Ce n'est pas seulement l'événement de négligence qui est traumatique, mais surtout le fait que la part de soi qui a vécu cette absence de reconnaissance est restée sans interlocuteur. Un enfant négligé ne souffre pas uniquement parce que ses besoins n'ont pas été satisfaits. Il souffre aussi parce que son vécu n'a trouvé personne pour être reconnu, validé et accueilli comme légitime.En Maïeusthésie, cette part de l'enfant n'est pas considérée comme "bloquée" ou "pathologique". Elle continue simplement d'attendre qu'un autre humain reconnaisse pleinement ce qu'elle a vécu.

·       La reconnaissance plutôt que la réparation

 

L'accent sera mis sur la rencontre avec cette part de soi. Par exemple, plutôt que de dire : « Il faut guérir mon enfant intérieur », la Maïeusthésie invitera davantage à dire : « Il existe en moi un enfant qui a réellement vécu cela. Il attend surtout que quelqu'un reconnaisse son existence et son expérience. » Le thérapeute ne cherche donc pas à modifier les émotions, ni à convaincre que "tout va bien aujourd'hui". Il cherche à rencontrer cette part avec une qualité de présence qui lui a précisément manqué.

·       Le manque de regard

Dans le cas d'une négligence, la blessure fondamentale est souvent un « défaut d'existence relationnelle ».

L'enfant peut développer des croyances telles que : « Je n'ai pas d'importance », « Je dérange », « Mes besoins ne comptent pas » ou encore « Je dois disparaître pour être aimé. »

La Maïeusthésie ne cherche pas à remplacer ces croyances par des pensées positives. Elle considère que ces croyances sont les conséquences logiques d'une expérience vécue, et que c'est l’Être qui a vécu cette expérience qui est à entendre et à reconnaître.

·       Le symptôme comme pertinence

La Maïeusthésie considère que certains symptômes (hypervigilance, hypersensibilité, difficulté à demander de l'aide, peur de déranger, perfectionnisme, etc.) peuvent être vus comme une forme de « loyauté » envers cette part de soi.

Le symptôme n'est donc pas un ennemi à supprimer, mais un indicateur qui pointe sur un ÊTRE intérieur dont l'existence demande encore à être pleinement entendue et reconnue.

·       Ce que cela change en thérapie

Face à un patient ayant vécu une négligence importante, le praticien en Maïeusthésie ne cherche pas à analyser les causes mais à favoriser une rencontre avec cette part clivée, dans une attitude qui transmet implicitement : « Je te vois », « Ce que tu as vécu est réel ».

L'objectif n'est pas d'effacer le passé, mais de permettre que cette part de soi cesse d'être seule avec son vécu.

·       Un rapprochement possible

Il s’agit plus de reconnaissance existentielle de L‘ÊTRE qui a vécu ce manque, plutôt que d’une correction cognitive ou une simple régulation émotionnelle.

En Maïeusthésie, la transformation ne provient pas d'une interprétation ni d'une restructuration cognitive, mais d'une qualité de présence qui reconnaît pleinement l’Être émergent rencontré.

On pourrait dire que les deux approches partagent cette intuition : ce qui a blessé était une absence de présence. Ce qui soigne est une présence authentique.

 

 

Peut-être avez-vous oublié ces derniers jours, mois ou années de penser à la personne qui vous est la plus proche... vous-même.  Alors n'hésitez pas à prendre rendez-vous. Je vous propose des consultations individuelles au Cabinet Aliotis à Genève ou en distanciel.  Je me déplace à domicile pour les personnes à mobilité réduite, dans les établissements médicaux spécialisés et les maisons de retraite. Je peux, à la demande, organiser des présentations interactives de la Maïeusthésie près de chez vous si vous avez un lieu d'accueil (min. 6 personnes).

Bien chaleureusement, Angela Dupraz

 

 Mobile :  +41 79 126 57 73 - Mail : angela.dupraz@bluewin.ch  - www.angeladupraz.com

Genève, le 15.07.2026

 

 

 
 
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