#93 LES SPECIFICITES DE LA MAÏEUSTHESIE
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Dernière mise à jour : il y a 4 jours
La Maïeusthésie concerne la communication et l'accompagnement psychologique. Elle s'inscrit dans la psychologie de la pertinence et accompagne les justesses en cours plus qu'elle ne combat, corrige ou élimine quoi que ce soit.
De nature humaniste, existentielle et expérientielle, c'est une psychologie du "Soi" plus qu'une psychologie du "moi", qui accompagne les phénomènes d'individuation (intégrité, ouverture à Soi et à autrui).
EN TERMES DE COMMUNICATION
Dans le langage courant, on parle de relation, de chaleur humaine, de proximité, nous parlons de relations humaines… quand on parle de communication, on pense souvent à la transmission et aux échanges d’informations.
La Maïeusthésie propose d’inverser ces deux propositions, à savoir qu’être en relation, c’est être relié à l’autre à travers l’information qu’il nous donne. Par conséquent, nous sommes plus attachés à l’information reçue qu’à celui qui nous transmet l’information. Si celle-ci nous convient, nous serons satisfaits… l’échange sera agréable. Par contre, si l’information ne nous convient pas ou nous contrarie, nous serons affectés, nous ressentirons un inconfort… nous essayerons peut-être de convaincre l’autre… Dans un cas comme dans l’autre, notre état émotionnel va dépendre de l’information qui nous a été donnée et dans tous les cas, nous serons vulnérables à l’information… nous serons donc dépendants, attachés.
La Maïeusthésie propose de placer l’individu au cœur de l’échange et non pas l’information qui, elle, restera au second plan. Cela correspond à une attitude d’assertivité, qui est l’attitude optimale permettant de donner une place à chacun, quel que soit le propos échangé, et quelle que soit l’opinion des deux interlocuteurs sur le propos en question. L'assertivité est définie comme une attitude dans laquelle on est capable de s'affirmer tout en respectant autrui. Il s'agit de se respecter soi-même en s'exprimant directement, sans détour, mais avec considération. Cela conduit à diminuer le stress personnel, à ne pas en induire chez autrui et à augmenter l'efficacité dans la plupart des situations d'entretien. Ici, notre état émotionnel ne dépend plus de l’information que notre interlocuteur nous donne. Cette posture de communicant et d’ouverture à l’autre est d’autant plus essentielle que l’information échangée est sensible ou importante, elle en sera d’autant mieux transmise et reçue ; la circulation et la qualité de la communication en seront améliorées. Cette attitude est particulièrement importante dans toutes les situations de la vie, mais elle l'est particulièrement dans toutes les situations d'entretiens professionnels et notamment dans le management (domaine où elle est trop souvent ignorée).
Une fois que nous avons accueilli l’autre dans ce qui est « juste » pour lui (validation), nous pouvons lui proposer, si l’information ne nous convient pas, ce qui nous semble « juste » à nous. Ainsi, chacun pourra s’enrichir de la vision du monde de l’autre… et ceci, sans impact émotionnel.
Il en résulte une communication particulièrement efficace.
Pour qu’un interlocuteur nous entende, il doit au préalable exister. Pour exister, il doit d’abord recevoir de la considération. Cela ne peut se réaliser que si l’individu (le quelqu’un) est mieux considéré que l’information (le quelque chose). Pour plus de détails, je vous invite à consulter la publication https://www.angeladupraz.com/post/66-assertivite
EN TERMES D’ACCOMPAGNEMENT PSYCHOLOGIQUE
L’aide psychologique apportée par la Maïeusthésie est abordée de façon humaniste et intégrative. On parle de psychothérapie… ce terme est quelque peu ambivalent : une thérapie vient habituellement guérir le patient d’une maladie ou d’un symptôme.
· Le regard sur les symptômes
La notion de symptôme est généralement associée à « quelque chose qui ne va pas », dont il faut se débarrasser. Or, en Maïeusthésie, un symptôme n’est pas perçu comme un « mal à abattre », « corriger » ou « éliminer », mais comme un signal émis par une part de notre psyché appelant à être rencontrée en vue d’être réhabilitée et intégrée. Le symptôme est avant tout une manifestation, une expression de quelque chose qui se passe dans le corps ou dans la psyché… Notre expérience fait apparaître que les symptômes jouent un rôle majeur dans le développement de l’individu, et le praticien doit pouvoir les utiliser comme une « porte d’entrée » vers ce qu’il y a de précieux dans la psyché de son patient.
Par ailleurs, le symptôme ne disparaît pas parce qu’il est « guéri », mais parce qu’il a cessé « d’être nécessaire » car on a pu avoir accès à l’Être qui appelait à travers lui.
En Maïeusthésie, le praticien considère un être en souffrance psychologique comme cherchant à intégrer une part de soi restée en suspens. Ainsi il ne combat pas les symptômes, il ne tente pas de les supprimer, ou de « guérir » le patient de son symptôme. De la même façon qu’une femme qui a accouché n’est pas « guérie de sa grossesse » (bien qu’avec certitude elle ne soit plus enceinte), un patient n’ayant plus son symptôme psy n’est tout simplement plus en « gestation de lui-même » concernant cette part de Soi qui manifestait un besoin de « venir au monde ».
Ainsi, l’aide signifiante délivrée en Maïeusthésie conduit effectivement à la disparition des symptômes, non parce qu’on a cherché à les combattre, mais simplement parce qu’ils ont cessé d’être nécessaires. En effet, le rôle du symptôme est de garder le lien avec ce qui, chez le patient, appelle et attend d’être rencontré. Quand cette ouverture se produit, le symptôme n’a plus lieu d’être et généralement, il disparait.
La Maïeusthésie cherche plus à « mettre au monde » qu’à guérir ; c’est un des points qui la distingue particulièrement de nombreuses autres approches.
· Le regard sur les résistances
Le praticien porte un regard similaire sur les résistances : il ne les voit pas comme des barrières « empêchant » le patient d’évoluer, mais plutôt comme de précieuses indications lui permettant d’ajuster finement son accompagnement et de préciser le chemin thérapeutique, au plus juste pour le patient.
Pour plus de détails, je vous invite à consulter la publication https://www.angeladupraz.com/post/36-quand-le-patient-ne-peut-pas-ce-n-est-jamais-une-resistance
LE NON-SAVOIR, SOURCE DE COMPETENCE
Ecouter quelqu’un, c’est lui accorder que celui qui sait, c’est lui. Il ne s’agit pas de "ne rien savoir du tout" ! Il s’agit juste de ne pas savoir à la place de l’autre. C’est la base pour entendre, comprendre et accueillir son propos.
Déjà basique en communication, le non-savoir est fondamental en accompagnement psychologique. Or pour le praticien, la tentation est grande de s’appuyer sur son savoir. L’absence de capacité à "ne pas savoir" conduit le thérapeute à interpréter ce que dit le patient. Il se produit alors une sorte de contre-transfert inattendu : le thérapeute réagit par rapport à ce qu’il croit et non par rapport à ce qui s’exprime. Il s’éloigne alors de ce qui fait la qualité d’une thérapie.
Au contraire, l’aptitude au non-savoir permet une progression plus efficace et rapide des connaissances, et facilite l’accès du patient à ce qui appelle sa conscience.
En accompagnement thérapeutique, la réalité subjective de celui qu’on accompagne est la seule qui compte.
LA RENCONTRE ET LA RECONNAISSANCE
Un des éléments qui distingue la Maïeusthésie de nombreuses autres approches, c’est la façon dont le praticien rencontre ces parts/Êtres de Soi qui appellent la conscience du patient à travers ses symptômes.
De manière très habituelle, on s’attend à apporter soutien, réconfort, aide aux parts de Soi identifiées comme sources des manifestations du patient. Aussi délicate et bien intentionnée
soit-elle, cette approche génère bien souvent, pour ces parts intérieures, la sensation de ne pas être comprises, voire même d’être niées dans leur vécu.
En Maïeusthésie, la rencontre des parts de Soi se fait dans la pleine reconnaissance de l’être et dans la validation de son vécu. Il est ainsi invité à exprimer, détailler, préciser ce vécu qui n’a jamais été (pleinement) entendu, ni au moment du choc émotionnel ni par la suite, et ce possiblement pendant des années (biographie), des générations (transgénérationnel), et même parfois au-delà (transpersonnel). C’est cette reconnaissance, dans le respect et la considération inconditionnelle de cet être intérieur qui s’ouvre à nous, qui génère un apaisement à la fois pour lui-même, et aussi pour le patient.
La reconnaissance fait exister. Reconnaître l'autre, c'est lui donner une place au monde. Reconnaître une part de Soi, c'est l'inviter à réintégrer la psyché, en pleine conscience.
(Je remercie très chaleureusement Aurélie Blanchet, formatrice en Maïeusthésie, de m'avoir inspirée pour ce texte).

« Une part de soi émerge. Elle ose se montrer car elle sent qu’elle ne risque rien, qu’elle sera reconnue, qu’elle ne sera ni jugée, ni abîmée, bien au contraire. » Thierry Tournebise
Si vous souhaitez enrichir la qualité de votre communication et gagner en justesse relationnelle, explorer l’assertivité et les clés de compréhension fines du fonctionnement psychique pour mieux vous rencontrer, renforcer votre confiance et vous affirmer dans vos relations, alors contactez-moi. Psychopraticienne et formatrice certifiée en Maïeusthésie, je vous accueille au Cabinet Aliotis à Genève ou en visioconférence.
Je peux, à la demande, organiser des présentations interactives de la Maïeusthésie près de chez vous si vous avez un lieu d'accueil (min. 6 personnes).
Bien chaleureusement, Angela Dupraz
Genève, le 14.06.2026
Mobile : +41 79 126 57 73 - Mail : angela.dupraz@bluewin.ch - www.angeladupraz.com


